Le Souffle, moteur de la Vie

L‘importance de la respiration est reconnue depuis le début de l’histoire de l’humanité. Dans les civilisations orientales, l’attention qu’on lui porte fait depuis toujours partie intégrante des religions, tant au Tibet qu’en Inde, en Chine ou au Japon.

Chez les anciens Hébreux, le mot « Ruach » signifiait littéralement Vent ou Souffle, mais ce mot désignait par extension l’Esprit. La Bible souligne que Dieu, lorsqu’il créa Adam : « souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. »

On retrouve encore ce double sens du mot dans l’usage moderne, notamment dans les diverses significations du mot Inspiration. Au sens physiologique du terme, ce nom désigne l’action de respirer du latin « Spirare » ; au sens figuré, il évoque le souffle divin ou créateur.

Dans la Grèce antique, on employait le mot Diaphragme pour désigner tout à la fois l’esprit et l’organe respiratoire. Quant à la théorie du Pneuma « souffle » elle a dominé la philosophie et les sciences thérapeutiques tout au long du 1er siècle avant JC. Les chants et les prières parlées des novices (qui se font sur une expiration prolongée), tout comme l’apprentissage des techniques respiratoires spéciales destinées aux prêtres, faisaient et font encore, partie des règles imposées dans la plupart des religions.

De nos jours, le travail respiratoire fait désormais partie de tous les programmes de rééducation physique, et son importance pour le bien-être général de l’individu est entièrement reconnue.

Ce travail se révèle très bénéfique pour les personnes que j’accompagne ; en effet qu’elles travaillent dans la musique, dans l’enseignement ou encore dans le social, qu’elles exercent un métier pénible, ou tout simplement dans leur vie quotidienne, toutes ont besoin de retrouver leur souffle. J’espère leur permettre de comprendre toute l’aide que peut leur apporter une respiration correcte et combien la qualité de notre vie peut être améliorée quand on sait prendre soin de son souffle.

Notre respiration réagit en effet à tout ce qui nous arrive : un effort physique, un choc émotionnel, un accident, une contrariété ou même un grand succès. Tout ce qui se passe en nous, et autour de nous a une action immédiate sur notre respiration. L’air pénètre moins librement, notre expiration est contrariée et notre inspiration est insuffisante.

La fonction respiratoire qui se règle spontanément, est capable de récupérer et de se rétablir automatiquement dès que la cause du trouble a cessé d’exister. Malheureusement, dans la majorité des cas, nous intervenons au lieu de laisser notre respiration reprendre son rythme et revenir naturellement à la normale. Sans le vouloir, nous nous cramponnons inconsciemment à ces rythmes forcés alors que les événements qui sont à l’origine du trouble ont eux-mêmes disparus. Cette modification se prolonge de plus en plus et finit par devenir une habitude et nous avons du mal à retrouver le rythme naturel initial.

Prenons un exemple : vous êtes brusquement surpris par un bruit inattendu ; vous retenez votre souffle, ce qui est une réaction tout à fait normale. La prochaine fois qu’un événement analogue se produit, essayez de sentir combien de temps il vous faut pour laisser votre respiration revenir à la normale. Il y a bien des chances pour que votre rythme respiratoire reste perturbé bien au delà de l’état d’urgence.

On peut dire que notre respiration réagit à tout ce qui nous touche. Nous retenons notre souffle lorsque nous sommes sous le coup de la surprise, nous le contenons dans les moments de stress, et la joie agit comme un stimulant. Le but n’est pas de libérer la respiration de cette dépendance avec les évènements de la vie, ni non plus d’éviter les problèmes quotidiens. Mais en développant notre sensibilité à la respiration, nous serons plus ouverts aux expériences que la vie nous offre ; nous aurons davantage d’énergie pour en relever les défis et en apprécier les plaisirs. Nous apprenons à surmonter la fatigue dûe à une respiration insuffisante et à récupérer plus rapidement nos forces, tout en apprenant à moduler notre rythme respiratoire pour surmonter nos tensions.

On comprend alors comment, mécaniquement, un état de stress prolongé va pouvoir engendrer et nourrir un ensemble de perturbations et les bénéfices qu’on peut retirer d’un travail respiratoire.

La première étape pour effectuer une respiration complète est de diminuer les tensions abdominales. Leurs présences, dues à un état de stress, d’anxiété ou d’émotions répétées gênent l’action du diaphragme.En règle générale, lorsqu’il y a une tension dans le corps, une tension psychique lui est associée (on n’en a pas forcément conscience). La lâcher, c’est d’abord se laisser aller à ce qu’on ressent et le vivre pleinement.


La respiration yogique


La respiration yogique ou respiration complète en 3 phases permet premièrement de corriger les mauvaises habitudes respiratoires. De plus, elle permet d’absorber plus d’oxygène. Enfin, cette respiration est une respiration de base. De préférence, l’apprentissage de la respiration yogique se fera couché sur le dos. Il est primordiale que votre esprit soit totalement concentré sur la respiration.

Nous pouvons pratiquer cette respiration en tout temps. Il est important de respirer consciemment et aussi complètement que possible. Peu à peu, cette respiration deviendra facile et s’améliorera au fur et à mesure du temps passé à pratiquer. Voici les 3 phases de cette respiration :

  1. la respiration abdominale est provoquée par l’abaissement du diaphragme. À l’inspiration, le diaphragme se contracte et l’air entre dans les poumons et par le fait, les organes abdominaux sont massés et le ventre se gonfle.
  2. la respiration costale ou thoracique se fait par l’écartement des côtes. La respiration au niveau de la cage thoracique se fait avec les muscles intercostaux qui permettent d’élargir et de resserrer le thorax.
  3. la respiration claviculaire, ou respiration haute, qui se produit par le soulèvement du thorax. Elle est activée par les muscles du cou et ceux qui élèvent le sternum, les côtes supérieures et les clavicules, c’est la fin du cycle respiratoire. L’air peut entrer dans le haut des poumons. Lors de l’inspiration l’air entre progressivement et ce en flux continu. Il est essentiel de respirer silencieusement.

Comment faire la respiration yogique


  1. Inspiration : respiration abdominale suivi par la respiration thoracique en écartant les côtes et finalement terminer en remplissant le haut des poumons. À la fin, gardez l’air dans les poumons pendant 1 seconde.
  2. Expiration : faire sortir l’air du haut des poumons en premier, ensuite contractez la cage thoracique et finalement contractez les muscles abdominaux pour vider les bas des poumons. Restez à vide pendant 1 seconde.
  3. Continuez pendant quelques minutes.
  4. Après avoir pratiqué pendant quelques semaines, en position allongée vous pouvez commencer à pratiquer en position assise. Important ayez la colonne vertébrale droite.

En résumé :

  1. Le bas des poumons se remplit d’abord, le souffle soulève l’espace compris entre l’estomac et le nombril.
  2. Puis la région moyenne de la cage thoracique s’ouvre.
  3. La prise d’air se termine en emplissant la partie supérieure du thorax. Prendre une pause.
  4. Ensuite, vous faites le chemin contraire pour vider vote corps de l’air.
  5. Prendre une pause.

Pourquoi l’expiration est-elle si importante ?


On ne peut remplir un récipient que s’il a été préalablement vidé. Il ne nous est pas possible de bien respirer si nous n’expirons pas d’abord à fond.

La respiration normale commence donc par une expiration lente et paisible réalisée par la relaxation des muscles inspiratoires. La poitrine s’affaisse de son propre poids ce qui chasse l’air. C’est expiration doit être silencieuse, on ne doit pas s’entendre respirer, et de ce fait elle sera lente.

À la fin de l’expiration les muscles abdominaux peuvent aider à vider les poumons aussi complètement que possible par leur contraction, les derniers restes d’air vicié sont évacués.

La constitution spongieuse des poumons ne permet pas de les vider à 100 %, il restera toujours de l’air impur dans les poumons. Il faut donc s’efforcer d’évacuer au maximum cet air vicié restant.

Lors de l’inspiration l’air frais que nous inspirons va se mélanger à l’air vicié résiduel, pour former notre véritable air respiratoire. Plus nous aurons expiré à fond, plus grande sera la quantité d’air qui pourra entrer dans nos poumons, plus pur sera l’air en contact avec la surface alvéolaire. Le volume d’air que les poumons peuvent contenir s’appelle la « capacité vitale ». C’est on ne peut plus pertinent.

De nombreuses techniques respiratoires visent à augmenter cette « capacité vitale » mais avant tout, il est plus important d’utiliser au maximum celle dont nous disposons, par une expiration soignée.


Que peut nous apporter la respiration profonde ?


  • mieux dormir
  • mieux digérer
  • diminuer la nervosité
  • diminuer le stress
  • diminuer les angoisses
  • mieux combattre les maladies
  • diminuer l’anxiété
  • rester en pleine forme jusqu’à un âge avancé

Avant tout, pour tous, l’essentiel est d’être en forme et surtout le rester le plus longtemps possible. Profitons des bienfaits de la respiration profonde aujourd’hui. C’est une pratique de Yoga que chacun devrait s’approprier et pratiquer chaque jour.

Lorsque vous vous sentez fatigué, déprimé, découragé, faites quelques respirations complètes. Votre fatigue disparaîtra comme par enchantement, votre mental s’en ressentira et vous vous remettrez au travail avec un nouvel entrain.

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Un commentaire

  • Comme le dit si bien l’auteur, la respiration complète a des vertus tant sur le physique que sur la gestion des émotions.

    C’est également l’une des clé majeure de la méditation et du développement de la conscience spirituelle.

    Le hic : c’est que cette respiration n’est pas naturelle pour l’homme. Il faut donc l’apprendre…

    Il y a plein de moyen d’aborder cette technique (méditation, tai chi, qi gong, jouer d’un instrument à vent tel que le saxophone…)

    Ceci dit en toute subjectivité, la meilleure école reste le yoga ^^.

    L’un des sens philosophique du yoga est de parfaitement maitriser sa respiration, afin d’ouvrir une à une les portes de sa propre conscience universelle.

    Les techniques respiratoires (pranayama) et les bandhas (rétentions d’organes via la respiration) sont une composante essentielle dans l’éveil de la kundalini pour atteindre l’état de samadhi : la conscience totale.

    La respiration est donc la pierre angulaire de l’éveil spirituel. Elle est présente dans toutes les inspirations de chaque être vivant.

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