Kuji-Kiri : Exorcisme et Bannissement

icon-pentagramLe contenu de cet article est complètement subjectif et n'engage que son auteur. L'expérimentation est parfois nécessaire pour comprendre et vivre la spiritualité.

Le Kuji-Kiri qui est une technique magique utilisé au sein du Mikkyo. C’est un exercice de projection spirituelle (jp. Nenriki) destiné à exorciser (jp. Akumabarai) un esprit ou un démon placé juste devant soit.


Une origine Taoïste


La première apparition du Kuji-In se trouve dans le Baopuzi de l’auteur Ge Hong (280-340). Ce livre taoïste est divisé en deux parties bien distincte :

  1. Neipian comprend des techniques d’alchimie chinoise, de Yoga taoïste, de Tao Yin (Gymnastique) et de Sorcellerie (Démonologie et Talisman).
  2. Waipian quand à lui, se concentre sur le Confucianisme avec ces enseignements sur la Philosophie, la Morale et la Politique.

Amulette « Laojun rushan fu » du Chapter 17

Le chapitre 17 intitulé « Grimper les Montagnes et traverser les rivières » comporte une prière pour s’accorder les faveurs des 6 Chia. A l’origine les 6 Chia étaient des dieux taoïstes qui devinrent par la suite les Généraux célestes du Roi-Guerrier Pi Shamen Tian (jp. Bishamonten), Protecteur de la loi bouddhique, de la prosperité et Gardien du Nord.

Puisse ceux qui président au-dessus des guerriers être mon avant-garde!
En Pinyin : lín bīng dǒu zhě jiē zhèn liè qián háng
En Japonais : Rin Pyo To Sha Kai Jin Retsu Zai Zen


La Transformation au Japon


Les Historiens pensent que c’est à travers le Shungendo et l’Onmyodo que cette pratique mystique arriva au Japon vers le 8ème Siècle. Depuis, elle s’est intégrée avec succès au sein des autres traditions japonnaises (Shinto, Shingon, Tendai, Jodo bukkyo, Nichiren, Budo etc…).

A l’époque féodale, le Kuji-ho devint une partie intégrante du Marishiten-ho chère aux Samurai et au Ninjutsu. La voie de la déesse Marichi (déesse du paradis, de la lumière et du soleil) avait pour rôle d’aider les guerriers à dépasser la notion d’intérêt, à se détacher des choses matérielles, de la victoire ou de la défaite et même de leur propre existence.

Mais ce n’est que bien plus tard, à travers le Mikkyo que le Kuji-ho devint une pratique complètement bouddhique, se détachant ainsi du Taoïsme et du Shinto. Ainsi les 9 syllabes furent associées au Shi-Tenno (4 Gardiens Célestes) et au Godai Myo (5 Rois de la Sagesse).

Syllabes Yang

  • Rin : Bishamon-ten (Gardien du Nord)
  • To : Jikoku-ten (Gardien de l’Est)
  • Kai : Fudo Myo (emanation Dainichi Nyorai)
  • Restsu : Kōmoku-ten (Gardien de l’Ouest)
  • Zen : Jōchō-ten (Gardien du Sud)
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Bishamon-ten Jikoku-ten Kōmoku-ten Jōchō-ten

Syllabes Yin

  • Pyo : Gonzanze Myo (émanation d’Ashuku Nyorai)
  • Sha : Kongoyasha Myo (émanation de Fukujoju Nyorai)
  • Jin : Gundari Myo (émanation d’Hosho Nyorai)
  • Zai : Daiitoku Myo (émanation d’Amida Nyorai)
Gonzanze Myo Kongoyasha Myo Gundari Myo Daiitoku Myo

Note: Nyorai est le traduction japonaise du terme sanscrit Tathagata, il désigne les Grands Bouddhas. Ensuite par ordre d’importance, on trouve les Bosatsu (sk. Bodhisattva), les Myo (Rois de la Sagesse) et les Ten (sk. Deva).

Le Kuji-ho est donc devenu un Nenju de Sanmitsu (concentré de la pratique des trois mystères), et en tant que tel il se compose de plusieurs techniques :

  1. Kuji-no-In : les 9 Mudras permettant de foritifer le corps et l’esprit.
  2. Kuji-Kiri : les 9 Coupes protégeant du Mal et l’adversité.
  3. Kuji-Kan : les 9 Mantras permettant la Visualisation/Méditation.

Origine des gestes et de la puissance du Kuji-kiri


Dans sa forme Vajrayāna, le Kuji-ho peut être vu comme une invocation à Taishakuten (sk. Śakra-devānām Indra), le seigneur des cieux, le porteur de foudre/tonnerre, protecteur des guerriers. Mais il est surtout le Seigneur des Devas et donc plus particulièrement des Shi-Tenno (les 4 Gardiens Célestes).

Pour le Bouddhisme tantrique, Dainichi Nyorai (sk. Mahā Vairocana) est le Bouddha ultime, avant même le Bouddha historique Siddhārtha Gautama (jp. Shaka Nyorai), car il rassemble tous les autres Bouddhas du Godai Nyorai.

Les 5 Myo que l’on retrouve dans le Kuji-ho sont les formes courroucés et guerrières des 5 Bouddhas Godai Nyorai. Ils sont les protecteurs du Bouddhisme et les gardiens des points cardinaux tout comme les Shi-Tenno.

Si Taishukuten occupe le centre du Monde pour les Ten-bu, c’est Fudo Myo (sk. Acalanātha / Shiva), émanation de Dainichi Nyorai qui y prends place pour les Myo-bu.

Appelé le Maître immuable, le serviteur des ascètes, Fudo Myo occupe une place capitale dans le Shingon et possède son propre culte. Il tient dans sa main droite un glaive-vajra avec lequel il coupe les obstacles, et dans sa main gauche une corde (pāśā) qui lui permet de lier les forces hostiles à l’éveil. C’est une déité associé au feu et à la colère.

La forme en « Carré magique » du Kuji-kiri est de toute évidence directement issue des Yantras hindou. Cette représentation en Carré de 9 cases (3×3) se retrouve donc tout naturellement dans le Kongokai Mandala (Sk. vajradhātu) représentant le Monde des Bouddhas.


Réalisation du Kuji-kiri


Le Kuji-kiri tire son pouvoir des Varjas (le sceptre diamant), le pouvoir des Bouddhas qui illumine l’obscurité et chasse les forces néfastes. Son exécution se fait à l’aide d’un Tokko-sho tenu dans la main droite (à l’image de Fudo Myo), à défaut on peut se contenter de coller son index et son médius.

En préambule, on procède à l’Invocation des 2 déités mis en oeuvre par le Kuji-kiri :

Hommage à
Taishaku-ten
On nômaku sammanda bodanan Shakiraya sowaka.
Kongoshin-in
Hommage à
Fudo Myo
On nômaku sammanda bazaradan senda makaroshada sowataya un tarata kanman.
 Mudra Epée

Puis on visualise le Yantra sur lequel on va tracer les lignes en énonçant les Syllabes correspondantes. Chaque ligne horizontale se voit immédiatement coupée par une ligne verticale.

Rin Pyo To Sha Kai Jin Retsu Zai Zen

Une fois les effets observés, il convient de remercier et de renvoyer les Myo-bu et les Ten-bu dans leurs mondes respectifs. Pour ce faire, on utilise le « Hakken gedatsu darani » : La dhâranî de la délivrance du renvoi.

On nômaku Sammanda bodanan baku, On bazara bokisha boku.

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