Hoshi-no-In : Rituel du Pentagramme

icon-pentagramLe contenu de cet article est complètement subjectif et n'engage que son auteur. L'expérimentation est parfois nécessaire pour comprendre et vivre la spiritualité.

Précédemment deux articles (Le Bouddhisme Shingon | Vers une Renaissance de l’Onmyodo) avaient abordés de façon générale la pensée magique et l’ésotérisme japonais. Le terreau spirituel de ce pays est extrêmement riche et diversifié car il est bâti sur le syncrétisme deux trois grands courants religieux : le Shintoïsme, le Bouddhisme et le Taoïsme.

Ce qui choque lorsque l’on visite le Japon, c’est l’ambivalence de ces habitants. Entre modernité high-tech et coutumes ancestrales, les moeurs des japonais sont parfois bien étranges. En tant qu’Européen, l’importance des Dieux, des Esprits et de la Magie est assez minime dans la vie d’un citoyen lambda. Toutefois, avec 160 000 groupuscules religieux et 1 600 sectes, il en est tout autrement au Pays du Soleil Levant.

Le succès des Budo à composantes internes (Aikido, Kyudo etc…), le Cinema asiatique fantastique et l’Animation japonaise ont permis à ce fond latent de Spiritualité japonaise d’inonder la France.

Ainsi l’Arpenteur de la Voie se surprendra à trouver des similitudes et des concordances parfaites entre des pratiques magiques qui au premier abord pourrait sembler bien différentes. Il existe des symboles dit universels car ils sont omniprésents dans la psyché humaine. Le Pentagramme en fait parti.

Dans ce sujet, je vous présenterai donc une pratique magique (jp. Majutsu) très populaire au sein du Mikkyo (tradition ésotérique du bouddhisme japonais). Elle fait appel au mystère du Sanmitsu, (trois mystères) qui sont la réalisation de la pensée magique par le geste (sk. Mudra), le son (sk. Mantra) et le visualisation (Kannen).

Le Hoshi-no-In est un Nenriki (Technique de Projection-Visualisation) qui a pour but de mettre en mouvement une volonté magique précédemment créée. Pour faire un parallèle avec la théurgie européenne, c’est un sceau libérant un sortilège. Cette pratique magique est issue de la cosmologie Onmyōdō et est couramment utilisé de nos jours dans le Shingon, le Shugendo et le Ninjutsu.

La Grande Ourse

Les Pléiades

L’origine de cette technique est un Yantra hindou qui se mélangea avec la cosmologie Taoïste. Pour bien comprendre la puissance d’Hoshi-no-In, il faut se référer au mythe de la déesse Marichi-Ten, reine du ciel et de la lumière qui supporte le Soleil et la Lune. Dans le Shintô, ce n’est autre qu’Amaterasu ÔKami. Marichi-Ten est la septième étoile occulte de la Pléiade (Yin) et est en harmonie avec les 7 étoiles de la Grande Ourse (Yang). De leur union naquit notre système solaire.

Tokkosho – Japanese, Edo period, 19th century

La technique s’effectue à l’aide d’un Tokko-sho (sk. Vajra), bien que l’index et le médius réunis puissent être suffisants. On commencera le tracer par la gauche et dans le sens dextrogyre, et à chaque angles on prononcera le Mantra associé :

BAN バン UN ウン TARAKU タラク

KIRIKU キリク AKU アク

Cette formule est en fait composée par l’association des 5 Syllabes-Racines (sk. Siddham jp. Bonji) des Dhyani Bouddhas (jp. Jinas) représentent les cinq aspects du bouddha primordial.

Dainichi Nyorai / Ashuku Nyorai / Hosho Nyorai / Amida Nyorai / Fukujoju Nyorai

Il est possible de terminer en pointant le centre du pentagramme  et en psalmodiant un OM soutenu final. On peut décrypter ce Mantra comme étant le Son Créatif OM naissant du Mandala spirituel du Diamant (Bam étant Kongokaï), et circulant pour rejoindre le Mandala matrice (Akou étant Taïzokaï) et ainsi créer le monde réel.

Kongōkai Mandala – version Bonji

Taizōkai Mandala – version Bonji

Ce Sceau n’est utilisé que pour permettre la manifestation d’une énergie spirituelle ou appuyer une volonté magique. Globalement, en préambule, il existe presque toujours un autre mantra lié à des divinités bouddhistes ou taoïstes. C’est particulièrement le cas pour les bannissements des mauvais esprits ou démons (jp. Yokai jp. Oni).

Il peut aussi servir à activer un O-Fuda (talisman) ou à créer un Kekkai (Cercle-Sphère) destiné à protéger ou à concentrer, comme on aurait pu s’en douter en ayant connaissance des rituels liés au Pentagramme dans la Kabbale.

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