Hindouisme, Tantrisme et Bouddhisme

LHindouisme est une des plus anciennes religions, on estime son apparition vers 1400 avant JC. De son véritable nom Sanathana Dharma est une religion dont on ne connait pas véritablement l’origine historique. Sans credo fixe, sans clergé hiérarchisé, ni autorité suprême, elle n’est pas facilement appréhendable pour un étranger malgré la présence en son sein de svâmi (enseignants), de guru (maîtres spirituels) et bien sûr des écritures védiques (les Vedas). On ne peut en outre pas se convertir à l’hindouisme, on naît hindou. Bien au-delà d’une religion, l’Hindouisme est également le reflet d’une civilisation à proprement parler, à savoir celle de la nation indienne.

L’Hindouisme comporte un système de Caste. Dès la naissance, un hindou fait partie d’une catégorie. Les catégories sont issues d’un mythe, celui du sacrifice de l’homme cosmique. Cet homme aurait été sacrifié et il désigne la société comme un tout organique. De sa tête naissent les Brahmanes, caste des prêtres, de ses épaules, les guerriers et les rois (Kshatriya), de ses cuisses, les producteurs (Vaiçya) et de ses pieds, ceux qu’on appelle les Intouchables, au service des trois premières catégories. Ils sont considérés comme étant impurs à l’inverse des Brahmanes.

Puisqu’elle n’a pas de début, ses origines sont divines et à caractère éternel. La cosmogonie hindoue enseigne que le principe de toute vie, de tout progrès, de toute énergie, réside dans les différences, les contrastes. Il n’y a pas dans l’hindouisme de conflit entre polythéisme et monothéisme : la religion, la philosophie et les théories qui les accompagnent ne sont que des chemins qui tentent de décrire le Brahman au-delà duquel il n’y a plus rien, et la manière de se fondre en lui.

« Il se meut et il ne se meut pas, il est loin et il est proche. Il est au-dedans de tout et il est au-dehors de tout. » Oupanishad.

En plus de Brahman, le principe de Maya est aussi fondement primordial de l’hindouisme. Il repose sur le fait que le Monde se montre tel qu’il apparaît à nos yeux, mais il est interdit de dire qu’il correspond à une Réalité.

En Inde, on représente la divinité comme triple, on appelle ce principe la Trimurti dans le panthéon hindou : Brahma, Vishnu et Shiva, sont trois aspects du divin. Brahma désigne symboliquement le créateur, Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l’existence.

La Trimūrti est la partie manifestée de la divinité suprême qui se fait triple pour présider aux différents états de l’univers.

Om (ou Aum) est un des symboles sacrés de l’hindouisme. C’est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l’existence. Il est utilisé comme préfixe et parfois suffixe aux mantras et à toute prière hindoue. Il représente la contraction des trois états de la matière : Sattva, Tamas et Raja, et représente l’univers.

L’hindou croit en une vie après la mort, et avant la naissance, le corps n’étant qu’une enveloppe matérielle temporaire. Le très renommé gourou Yâjnâvalkya (630-583 av. J.-C.) enseignait qu’à sa mort, chaque homme subissait une dissolution ; le corps retournait à la terre, le sang à l’eau, le souffle au vent, la vue au soleil et l’intellect à la lune, mais les « actions non rémunérées » (celles qu’on a produite sans en récolter les conséquences) se réunissaient pour s’incarner de nouveau en un être.

« Celui qui adore un Dieu comme différent de lui, en pensant :  » Il est un autre. Je suis un autre », cet homme ne connait pas le Brahman : il est pareil à un animal pour les Dieux. »


Pour beaucoup le Tantrisme est synonyme au mieux de pratiques sexuelles mystiques, au pire simplement réduit au Kama-Sutra. Pourtant c’est une doctrine mystique dans laquelle les enseignements de l’Hindouisme sont prolongés et développés. Le mot Tantra désigne au sens propre le tissage et au sens figuré les écritures sacrées de l’hindouisme (en rapport avec les rouleaux de tissus bien sûr). Ce courant s’est surtout développé en Inde (écoles Shivaïste ou Shaktistes), au Tibet (Brahmanisme, Bouddhisme Vajrayana), en Mongolie et finalement au Japon par le biais du Bouddhisme rapporté de Chine et Corée.

« Le Tantrisme est La science de l’expansion de la conscience et de la libération de l’énergie » – swâmî Satyananda.

En Inde, on trouve le Tantra-Yoga qui fut la forme primitive du Raja-Yoga. Ce Trantra-Yoga est divisé en deux branches :

  • le Trantra de la main droite, blanc qui utilise comme vecteur les mantras, les yantras, le yoga, la méditation/projection.
  • le Tantra de la main gauche, rouge qui utilise des pratiques sexuelles et autorise à consommer de la viande.

C’est dans le Tantra que naquit la notion de corps subtils, des Chakras et de Kundalinî.

Au Tibet/Japon, on trouve le Bouddhisme du Mahayana et du Vajrayana. Dans le Vajrayana on ressens une très forte influence du Tantrayana : utilisation des Sutra, Visualisation de déités (Yidam) dans leur niveau d’existence (Mandala). Une particularité du tantrayana est que les obstacles mentaux comme la colère ou le désir ne sont pas réprimés mais pris en charge pour être transformés en dispositions positives comme la compassion.

Cette mouvance du bouddhisme prescrit la technique d’employer « le résultat comme étant la voie ». Cela signifie que la personne doit essayer de penser et d’agir avec le corps subtile, la parole et l’esprit d’un bouddha. En gros cela consiste à s’identifier à un Buddha lors de la méditation, c’est plus complexe qu’un acte de vénération pure. Cette approche est connue sous le nom de Yidam (en tibétain) ou Ishtadevata (en sanskrit), on la retrouve dans la Tendai-Shu, la Shingon-Shu et même le Zen qui pratique la méditation sur les Bonji (caractère sanskrit primitif) des différents Buddhas.

« Les cinq éléments fondamentaux de l’univers (terre, eau, feu, vent, éther) produisent des sons au moindre contact. Cela signifie qu’il existe des langages en tout. Dans ce cas-là, tout ce qu’on voit, entend, sent, goûte, et pense sont également des mots. On peut ainsi dire que tous les phénomènes de l’univers sont tous des mots qui enseignent la vérité. Les chants des oiseaux, le courant de l’eau, les bruits du vent, tous disent constamment la vérité éternelle. » Kukai-Sama, fondateur d’école Shingon.

Le Vajra est le symbole du bouddhisme tantrique qu’il soit tibétain ou japonais. C’est une arme, un sceptre, un éclair, un diamant. Il symbolise l’indestructibilité. Au moment de rituels, le Vajra doit être tenue dans la main droite, tout comme Zeus de la mythologie grecque le portait ou bien sur Thor de la mythologie nordique.

Un autre symbole commun au deux branches du Vajrayana est le Ghanta (Cloche). Synonyme de perspicacité, de vide, de féminité. Il symbolise le son du Dharma et est utilisé dans les rituels pour avoir la sensation être à coté du Dharma. Au moment des rituels, il est généralement tenu dans la main gauche.

Enfin le Rudraksha ou la Mâlâ (chapelet) termine la liste des trois principaux accessoires rituels que l’on retrouve dans toutes les mutations du Tantrisme. Elle est composée traditionnellement de 27, 54 ou 108 grains, graines ou perles de bois de diverses essences, en bois de santal par exemple.


L’Hindouisme est aussi le terreau dans lequel est né le Bouddhisme, c’est pourquoi le bouddhisme est fortement impregné des concepts hindous. Néanmoins, ces deux religions sont vraiment différentes. Le bouddhisme est une religion historique avec un fondateur Siddharta Gautama (Bouddha Sâkyamuni). Ce sont les dieux hindous Indra et Brahmâ qui auraient demandé au Bouddha d’expliquer à autrui les vérités qu’il venait de découvrir lors de son illumination.

C’est ce qu’il se met en devoir de faire, conservant l’attitude tolérante propre à l’hindouisme selon lequel il y a du bon dans toutes les religions. Néanmoins il désapprouve le système des castes et l’importance accordée aux sacrifices d’animaux.

Pour lui, les Védas ne sont pas d’origine divine, contrairement à ce que prétend l’hindouisme. De plus même si il a conservé les notions védiques de Karma et de Samsara, il rejette énergiquement celle d’âtman : car pour Siddharta Gautama, il n’y a pas de Soi, ni au plan individuel ni au plan universel. Cette doctrine de l’anatta (en pâli « absence d’âtman ») est tout à fait fondamentale et spécifique du bouddhisme.

Sur le plan philosophique la différence essentielle se situe au niveau de l’absence d’un Dieu Unique Créateur (même si l’existence de Dieu(x) n’est pas exclue dans le bouddha-dharma), car dans la philosophie bouddhiste tous les phénomènes sont :

  • impermanents (rien ne dure éternellement, donc il n’y a ni dieu éternel, ni paradis éternel, ni enfer éternel, ni âme éternelle)
  • vide d’existence propre (aucun phénomène n’est sa propre cause et n’existe qu’en fonction de causes et conditions bien précises)
  • interdépendants (chaque phénomène pris isolément dépend des autres phénomènes de l’univers pour exister, naître, se développer, vieillir et disparaître)

L’enseignement que le Bouddha repose sur une idée centrale, à savoir que la souffrance ne sera jamais étrangère à l’existence. Pratiquer cette religion, implique des principes assez simples dont l’essentiel est d’atteindre le Nirvana, c’est-à-dire un état de pureté absolue.

Le savoir, la vérité, le bien et la pratique de la méditation sont des moyens d’y parvenir. Le bouddhisme est, de plus, fondé sur quatre « nobles vérités ».

  • La première explique que la douleur est une compagne de la vie et que le moi est éphémère, car toute personne qui disparaît renaît dans un autre corps. La réincarnation est en effet un des fondements indispensables du bouddhisme, à tel point que lorsque le Dalaï Lama (considéré comme la réincarnation du bouddha) décède, il faut rechercher sa forme réincarnée.
  • La deuxième vérité dépend du fait que la douleur naît de la soif de vivre.
  • La troisième quant à elle est engendrée par les précédentes : si on fait disparaître la cause, on supprime son effet. De cette manière, si l’on fait mourir les désirs, on démolit la souffrance.
  • La quatrième, enfin, est la morale du bouddhisme que l’on appelle la Voie des Huit Vertus. C’est celle-ci qui prescrit la méditation, la recherche de la vérité, du savoir et c’est elle qui a établi le principe du nirvana.

Toutefois, il faut rappeler que plusieurs branches et écoles découlent du bouddhisme. On peut citer par exemple le Theravada, qui signifie « doctrine des anciens ». Cette forme du bouddhisme est dominante en Asie du sud et du sud-est. Il existe aussi le Zen (qui désigne la méditation silencieuse en japonais), certainement la pratique du bouddhisme la plus connue en Europe. Si elle vient de l’Inde à l’origine, elle s’est beaucoup développée en Chine, en Corée et au Japon. Pour finir, il est important de citer le Mahayana. Cette branche du bouddhisme que l’on retrouve essentiellement en Inde, au Tibet et en Mongolie est basée sur le principe de sacrifier l’obtention du nirvana pour aider son prochain à connaître l’Illumination comme l’avait fait Bouddha.

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