Qi Gong : les 8 pièces de brocards (Daduanjin)

icon-pentagramLe contenu de cet article est complètement subjectif et n'engage que son auteur. L'expérimentation est parfois nécessaire pour comprendre et vivre la spiritualité.

Après nos précédents articles sur le Chikon-Kishin (les échauffements de l’Aïkido) et le Yoga avec Surya Namaska (la salutation au Soleil du Yoga), nous continuons notre tour d’horizon des pratiques énergisantes avec le Qi Gong chinois. A travers l’Histoire, l’Asie fut le réceptacle d’une partie des philosophies et courants ésotériques de l’Inde. C’est en partie pour cela qu’il est très intéressant de constater que les fondements et les expressions sont très semblable dans tous les formes de spiritualités orientales.

 


Qu’est-ce que le Qi Gong ?


Le Qi Gong (chi gong ou chi kung) est une gymnastique traditionnelle chinoise et une science de la respiration. Elle est fondée sur la connaissance et la maîtrise de l’énergie vitale Qi (Ki), en associant mouvements lents (Xing Ti), concentration (Yi Ni) et exercices respiratoires (Hu Xi). En effet, la pratique des exercices posturales, de respiration et de concentration permet d’agir directement sur les trois niveaux d’existence de l’Homme : le corps (Jing), l’énergie (Qi) et l’esprit (Shen).

Apparu en Chine il y a environ 5000 ans, le Qi Gong s’est constitué sous l’influence de nombreux courants philosophiques et spirituels tel que le Taoïsme, certaines forme du Bouddhisme et le Confucianisme. En dépit des différences doctrinales profondes qui séparent ces courants de pensée, tous s’accordent néanmoins sur le fait que tout individu, est avant tout et principalement un être vivant. Comme tel, il est soumis aux lois universelles de la Nature, parmi lesquelles le souffle où l’énergie joue un rôle prépondérant.

La pratique régulière du Qi Gong permet de développer le souffle interne (Nei Qi) et de le faire circuler librement dans le corps, notamment à travers les méridiens d’Acupuncture. Plus spécifiquement le Qi Gong favorise la circulation du Sang et permet ainsi de tonifier l’organisme, tout en régénérant l’énergie profonde des organes. Sang et Souffle étant les deux substances énergétiques fondamentales du corps humain, source d’équilibre de notre potentiel Yin/Yang.

Le Qi Gong est fondé sur un ensemble de connaissances ésotériques parmi lesquelles on retrouve les quatre grands piliers des médecines traditionnelles chinoises :

  • le concept d’énergie (Qi),
  • la théorie du Yin/Yang,
  • la théorie des Cinq éléments (Wu Xing),
  • le système des méridiens (Jing luo), les trois champs de cinabre (San Dan Tian) et les trois réchauffeurs (San Jiao).

Pour faire simple, la pratique du Qi Gong est une réponse viable à tous les maux de notre société moderne :

  • Renforce le corps dans sa globalité
  • Développe la vitalité
  • Maintien de la souplesse
  • Améliore la respiration
  • Calme l’esprit et combat le stress
  • Aide à mieux gérer les émotions
  • Renforce la mémoire et la concentration
  • Favorise le sommeil et une meilleure digestion
  • Améliore la performance chez les sportifs

 


Baduanjin : les 8 pièces de brocards


Selon la légende, c’est au monastère Shaolin que Bodhidharma aurait élaboré le Baduanjin vers le Vème siècle. Il se serait alors inspiré des gymnastiques taoïstes de longévité et notamment les exercices du Yi Jin Jing qui préparent le corps aux mouvements rapides nécessaires au Kung-Fu. Toutefois, il est plus probable que ce fut Bodhisatva Vajrapani qui en fut le véritable créateur en tant que Saint Patron et Protecteur du Monastère Shaolin. La pratique du Baduanjin s’inscrit donc dans l’héritage ésotérique du Bouddhisme Vajrayana et donc de l’Hindouisme tantrique.

Au XIIe siècle, ce fut le général Yue Fei qui le développa et le simplifia en tant entrainement quotidien pour améliorer la santé de ses soldats. Le nom de « brocart » provient des manteaux longs portés par les dignitaires de l’empire, pour évoquer une bonne santé. Les huit postures se pratiquent à la suite l’une de l’autre soit assis, soit debout.

Les huits postures décrites et dessinées par le général Yu Fei

Elles portent chacune un nom évocateur et pragmatique qui peut se traduire ainsi :

  1. Liangshou tuo tien li sanjiao : Soutenir le ciel avec ses mains (stimuler le triple réchauffeur).
  2. Zuoyou kai gong si she diao : Imiter l’archer et viser l’aigle ( stimuler les reins et la rate).
  3. Tiaoli piwei xu dan ju : L’Union du Ciel et de la Terre (stimuler l’estomac).
  4. Wulaoqishang xianghou qiao : Observer comme la Chouette (prévenir les cinq maladies et les sept blessures).
  5. Yao tou bai wei qu xinhuo : S’ébrouer (réguler la fonction du cœur et des poumons).
  6. Liangshou pan zu gu shen yao : Saisir ses orteils (renforcer la taille).
  7. Zan quan numu zeng qili : Simuler la Colère (accroître la vitalité générale et la force musculaire).
  8. Beihou cidian baibing xiao : Soulever sept fois les talons (lisser le qi après la pratique des sept morceaux précédents).

 

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