La neuro-imagerie étudie le cerveau des médiums en transe

Que se passe-t-il dans le cerveau pendant des expériences de transe ? C’est ce qu’ont cherché à savoir des chercheurs brésiliens en scrutant par neuro-imagerie le cerveau de médiums retranscrivant par écrit leurs communications avec des personnes décédées. Les résultats de cette toute première évaluation neuro-scientifique de l’état de transe sont étonnants : ils montrent que des aires cérébrales liées à la cognition sont étrangement calmes en dépit d’une activité d’écriture complexe chez les médiums psychographes expérimentés.


L’état de transe a été comparé à un état de non-transe


« On sait que les expériences spirituelles affectent l’activité cérébrale. En revanche, la réponse du cerveau aux expériences médiumniques, cette pratique qui consiste à communiquer ou à être sous le contrôle d’une personne décédée, a reçu peu d’attention de la part des scientifiques » explique le Dr Andrew Newberg, (directeur scientifique au Jeffeson-Myrna Brind Center of Integrative Medicine) et expert reconnu des relations entre spiritualité et cerveau. Avec des collaborateurs brésiliens, il a donc conduit une étude chez 10 médiums, tous droitiers, en bonne santé, et n’utilisant aucun traitement psychiatrique.

Exp: sujet expérimentés / Lexp: sujet amateur

L’activité cérébrale de ces 10 médiums, dont 5 étaient expérimentés et les autres, amateurs (37 ans versus 22 ans d’expérience en moyenne), a été enregistrée par un PET-SCAN, via la mesure du flux sanguin après injection d’un traceur radioactif, pendant des séances de psychographies. L’état de transe, pendant lequel le médium écrivain retranscrit par écrit les « paroles » d’une personne décédée a été comparé à des épisodes « contrôles » d’écriture en état de non-transe.


Des aires de la cognition éteintes


Au final, les résultats sont surprenants à double titre. Primo, la neuro-imagerie montre une faible activité des aires dites de la cognition comme la région du lobe pré-frontal, l’hippocampe gauche (système limbique) et le gyrus temporal supérieur droit pendant les épisodes d’écriture automatique chez les médiums expérimentés par rapport aux périodes d’écriture sans transe. Ce qui suggère, selon les auteurs, une absence de « focus » (comprendre : attention) sur l’activité, de conscience de soi et de conscience tout court pendant la psychographie.

Résultats des PET-SCAN avec diagramme des zones étudiés.

Deusio, l’imagerie montre le résultat inverse chez les médiums moins expérimentés, à savoir des zones d’ « allumage » dans les aires de la cognition, suggérant une plus grande attention ou un effort délibéré pour réaliser la séance d’écriture automatique que chez les médiums moins expérimentés.

Autre fait intéressant, l’analyse des échantillons d’écriture révèle des niveaux de complexité bien plus élevés pour les écrits rédigés sous l’emprise de la transe par rapport aux écrits rédigés « hors transe ». De plus, la complexité des textes était d’autant plus importante que les médiums étaient expérimentés, pouvant laisser supposer qu’elle s’accompagnerait d’une activité supérieure des lobes frontaux et temporaux. Ce qui n’a donc pas été le cas.


Le mystère des cerveaux en transe à peine dévoilé


Pour expliquer ces résultats, les chercheurs ont fait des hypothèses. L’une d’entre elles stipule qu’alors que l’activité du lobe frontal diminue, les zones du cerveau liées à l’écriture médiumnique sont, elles, désinhibées. Un processus similaire à ce qui est perçu lors de la consommation d’alcool et de drogues.

En dépit des hypothèses avancées, les auteurs soulignent la nécessité de poursuivre les études sur un nombre de sujets plus important pour mieux comprendre ces résultats et expliquer ce qui apparait à ce jour comme des paradoxes : la moindre activation des aires de la cognition (proche de ce qui a déjà été observés chez des personnes en état d’hypnose, bien que les deux états – transe et hypnose – soient, distincts, précisent les auteurs) pendant une activité d’écriture ou encore le sentiment d’un « état d’esprit détendu » mais à priori incompatible, là encore, selon les chercheurs, avec la complexité des écrits produits par les médiums expérimentés.

3 commentaires

  • Bonjour,
    cet article m’oblige à me poser une question : que savons-nous des sujets de l’expérience? Nous savons qu’ils sont apparemment en bonne santé. Pourriez-vous m’éclairer sur la nature des tests neuropsychologiques, psychologiques et médicaux qui ont été effectués sur les sujets avant la passation de l’expérience. En effet, ils se disent médiums et cette affirmation n’est pas considérée comme un exemple de bonne santé en psychologie actuellement…

  • La psychologie n’est pas une science, mais un ensemble d’hypothèses sur la nature de l’esprit humain, contruits en occident. La psychotherapie a été evaluée par des méthodes scientifiques, qui ont démontré que les résultats de guerison étaient inexistants. voir la biographie de Timothy leary, psychologue de Hardward. Il avait commencé ses recherches sur les psychotropes à cause des remises en question de sa profession par les études sur l’absence de résultats des psychotherapies. Depuis, ces études ont été éludées, a cause des lobbies.
    En France, Tobbie Nathan, psychiatre, a déclaré que la psycholologie ne soigne pas.Une pseudo science ne peut évaluer qui est en bonne santé ou pas. Ne pas confondre croyance et dogmatisme, scientisme et science.
    La mediumnité est une aptitude naturelle des êtres humains et des animaux lorsqu’ils ne sont pas conditionnés par le terrorisme matérialiste. En asie, les gens sont naturellement capables de voir les esprits, ce qui est culturellement banal.

  • On comprend donc bien que les transes sont des états pathologiques dans lesquelles on ne s’appartient pas. Rien à voir avec des états spirituels maîtrisés.

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