Vers un monde holistique

Le XXIe siècle sera Holistique, plus personne n’en doute. Cette approche globale (du grec holos – totalité) des systèmes complexes est un « sésame » que l’on met à toutes les sauces. De la Physique à la Médecine en passant par le Psychologie, la petite révolution suit son cours. Mais ce changement dans notre façon d’appréhender le Monde n’est pourtant pas une nouveauté.

Depuis toujours l’Homme recherche l’origine de sa nature divine. Selon lui, il ne peut être qu’une simple machine biologique, même pensante. Il y a autre chose, il existe un moteur divin, un liant « magique » qui assure sa cohésion et sa vitalité. Dans  un premier temps, nous avons alors naturellement décomposé les choses (le corps par ex), cherchant à les réduire à un ensemble de parties plus petites pour expliquer le fonctionnement du Tout.

Le Nautilus est le symbole du Panthéisme alliant Suite de Fibonacci et Nombre d’Or.

Ce modèle nous laissa l’Atomisme grecque, la Mécanique Newtonienne et notre Médecine conventionnelle. Albert Einstein (1879-1955) arriva très vite aux limites de la mécanique classique avec sa Théorie de la Relativité. C’est alors qu’émergea la Mécanique Quantique et la Théorie du Chaos. La médecine elle-même est en train de changer devant son incapacité à comprendre certains phénomènes biologiques ou le fonctionnement même de notre cerveau.

L’approche holiste nous dis que « Le tout est plus que la somme de ses parties ». Faut-il y voir l’écho de la Monade grecque ? cette étincelle divine qui fait que nous sommes plus qu’une machine mécanique bien rodée. Les nouvelles thérapies holistiques (ou médecine non-conventionnelles) reposent sur cette nouvelle Trinité : « Corps-âme-esprit » (mind-body-spirit). Ainsi il faudrait diagnostiquer et soigner l’être dans sa globalité : physique, émotionnel, mental et spirituel.

Tetraktys pythagorien

« Le principe de toutes choses est la Monade. Venant de la Monade, la Dyade indéfinie [l’Illimité, la matière], considérée comme matière, est sous-jacente à la Monade qui est cause. De la Monade et de la Dyade indéfinie viennent les nombres, des nombres les points, des points les lignes, des lignes les figures planes, des figures planes les figures solides, des solides les corps sensibles, dont les Éléments sont au nombre de quatre : Feu, Eau, Terre, Air. ». Diogène Laërce, Mémoires pythagoriques.

Ce besoin d’expliquer l’essence de la Vie est un héritage métaphysique des anciens grecs. Leur cosmogonie (d’ailleurs semblable à toutes les autres) a fait surgir l’Ordre du Chaos primordial « Ordo Ab Chao ». Durant vingt siècles, cette idée donne lieu à des courants de pensées diverses et opposés : monisme, dualisme, matérialisme, spiritualisme, mécanisme, vitalisme… La métaphysique du Tout (que l’on nomme Monisme) par exemple était la philosophie dominante de l’Antiquité. Le Kosmos grecque, le Brahman hindou et le Tao chinois en sont de parfaits exemples.

Dans la suite de cet article, nous expliquerons sur quoi se base l’ensemble de la Pensée New Age pour expliquer les phénomènes parapsychologiques et la nécessité de traiter l’âme en même temps que le corps. La Théorie de la Noosphère est l’achèvement de 2500 ans de lutte entre la Philosophie et la Religion. Elle sera donc expliquée en premier avant de démontrer son origine à travers Descartes, Spinoza et bien d’autres.


La théorie de la Noosphère, la Conscience globale


Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) fut, à la fois, un jésuite enflammé de Mystique et un scientifique spécialisé en paléontologie. Dès 1925, ses difficultés avec le Vatican commencent, l’Église lui interdit d’enseigner et de publier ses textes. Fidèle à sa Foi et à ses Vœux, presque toutes ses œuvres seront publiées à titre posthume.

C’est dans « Le Phénomène humain » (1955) prônant l’Holisme et l’Evolutionnisme que fut découvert le principe de Noosphère : la Sphère de la Pensée humaine, du grecque « noos » (esprit). Ce concept est une libre appropriation de la pensée de Vladimir Vernadsky (Géochimiste, 1863-1945)  qui voyait la noosphère comme étant la dernière phase de développement de la Terre. Après la géosphère (matière inanimée) et la biosphère (la vie biologique), l’émergence de la cognition humaine créa donc la noosphère.

« C’est vraiment une nappe nouvelle, la « nappe pensante », qui, après avoir germé au Tertiaire finissant, s’étale depuis lors par-dessus le monde des Plantes et des Animaux : hors et au-dessus de la Biosphère, une Noosphère. » Pierre Teilhard de Chardin, Le phénomène humain.

Cette « conscience collective de l’humanité » regroupe toutes les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l’information. Même si il est question à l’origine de concept métaphysique et de mystique, la Noosphere fut rendu populaire par l’avènement d’Internet. En effet, la toile est considérée comme le système nerveux de cette noosphère : une grande quantité d’informations est ainsi accessible à l’humanité tout entière et peut être partagée à double sens par tous.

Carte de l’Internet – Peer1.com – 02.01.2012

En terme de Spiritualité, l’idée même de noosphère peut être rapprochée des Annales Akashiques (théorie théosophique) qui représente la mémoire du temps, mais qui s’étend plus largement à toute chose de l’Univers. D’autres la décèleront dans le « sentiment océanique » et d’inconscient collectif si cher à Carl Gustav Jung.

« Au-dessous du monde des perceptions sensorielles et de l’activité mentale, il y a l’immensité de l’être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n’est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l’océan. » Eckhart Tolle, Le Pouvoir du moment présent.


Le problème Corps-Esprit ou la Réalité de l’Âme


Admettre la réalité de la Noosphère c’est aussi admettre l’insaisissabilité de l’Esprit. Tour à tour Philosophie, Religion et Médecine ont cherchées des réponses au problème des relations respectives entre le Corps, l’Intellect et l’Âme. Le Dualisme ontologique (corps physique – esprit immatériel) initié par Platon (428 av. J-C – 327 av. J-C) dans « Phédon » fut la première tentative de compréhension du problème. Sa vision trichotomique placait l’âme (importé par Pythagore) au centre des interactions entre Esprit (comprendre Intellect) et le Corps.

Cependant au cours du 8e concile de l’Église à Constantinople en 869, il fut décrété la suppression de l’Esprit au profit d’une Âme comportant désormais une partie spirituelle. C’est de cette époque que date la confusion entre âme et esprit. Auparavant, on associait l’esprit à la pensée et l’âme au sentiment.

Ce fut réellement René Descartes (1596-1650) qui dressa une juste esquisse de l’esprit. Dans ses « méditations métaphysiques », il se lança dans une quête au cours de laquelle il s’engagea à douter de tout ce en quoi il croyait, afin de découvrir ce dont il pouvait être certain. En faisant cela, il découvrit qu’il pouvait douter du fait qu’il ait ou non un corps (il se pouvait qu’il soit simplement en train de rêver de son corps, ou que ce ne fût qu’une illusion créée par un « malin génie »), mais il ne pouvait pas douter de l’existence de son esprit.

« J’ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et … j’ai une idée distincte du corps, en tant qu’il est seulement une chose étendue et qui ne pense point … Toutes les choses que je conçois clairement et distinctement, peuvent être produites par Dieu telles que je les conçois. »

Par conséquent, l’esprit est une substance distincte du corps, une substance dont l’essence est la pensée. L’affirmation centrale du dualisme cartésien est que l’esprit immatériel et le corps matériel interagissent de façon causale, une idée qui continue d’apparaître de manière privilégiée dans de nombreuses philosophies non européennes.

Ainsi les événements mentaux peuvent causés des évènements physiques, et inversement. La Somatisation est problème très profond dans le dualisme cartésien : Comment un esprit immatériel peut-il causer quoi que ce soit dans un corps matériel, et inversement ? Ceci a souvent été appelé le « problème de l’interactionnisme ».

Descartes lui-même a peiné pour obtenir une réponse cohérente à ce problème. Dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohême, il suggéra que les esprits des êtres animés interagissaient avec le corps à travers la glande pinéale (théorie reprise par le New Age), le siège de l’âme. Mais cela ne résout rien car la glande pinéale est matière et nous sommes donc arrivé au limite du dualisme.


Du Dualisme religieux vers le Panthéisme


L’intervention divine devient alors une explication possible pour des philosophes tels qu’Arnold Geulincx et Nicolas Malebranche. C’est cette vision théiste du monde que l’on retrouve chez de plus de 95% de l’Humanité. La croyance en un principe divin régisseur (ou juste observateur) est la fondation même du polythéisme puis du monothéisme.

« Le monde, cet ensemble que l’on s’est plu à appeler d’un autre nom, ce « ciel », dont la voûte couvre la vie de tout l’univers, doit être tenu pour une divinité, éternelle, sans commencement comme sans fin… Le monde est sacré, éternel, immense, tout entier en toutes choses, ou plutôt il est le Tout, infini et paraissant fini, déterminé en toutes choses et paraissant indéterminé, au-dedans, au-dehors embrassant tout en lui, il est à la fois l’œuvre de la nature et la nature elle-même. » Pline l’Ancien, Histoire naturelle.

Au début du Moyen-âge, Saint Augustin présente sa version religieuse et chrétienne du dualisme. Le monde platonicien des Idées (universalia ante rem) devient alors la cité céleste, révélée dans la Bible. Cette cité est le modèle de ce qui a lieu dans la cité terrestre. Cette doctrine postule la coexistence de deux principes éternels et inengendrés à l’origine de la création du bien (l’âme, le monde spirituel) et du mal (le corps, le monde matériel).

Ce dualisme propre au monothéisme s’exprime aussi à travers des cultes plus ancien comme le zoroastrisme. Le  christianisme antique comportait aussi de nombreuses tendances dualistes qui seront finalement éliminées ou maquillées : gnosticismemanichéisme et catharisme.

Pour y voir plus clair nous allons devoir détailler un peu la façon dont l’Homme à vu les rapports entre la Nature et Dieu à travers les âges. Ceci pour « boucler la boucle » et finalement revenir sur notre sujet de base, l’Holisme.

– Le Paganisme est un terme générique englobant à la fois le polythéisme et l’animisme, à tort cependant car l’animisme est une forme de croyance qui ne donne pas d’aspect anthropomorphique aux divinités et aux esprits. Dans les systèmes polythéistes, on trouve un partage des domaines d’influence ou de compétence entre les dieux. Ce partage peut être territorial (dieu dont le pouvoir s’étend sur un territoire limité), ethnique ou professionnel (dieu compétent seulement pour un clan ou un groupe professionnel), ou autre (dieu gouvernant un phénomène naturel, l’outre-tombe, les mariages etc.).

Dans le Polythéisme, le Divin est une émanation de la Nature.

– Le Monothéisme quand à lui affirme l’existence d’un Dieu unique anthropomorphique et sa transcendance sur toute chose, il est le créateur du monde. Cette conception mystique est portée principalement par les religions abrahamiques ou religions du Livre.

Dans le Monothéisme, le Divin est créateur de la Nature.

– Enfin plus récemment le Panthéisme est une doctrine philosophique selon laquelle « Dieu est Tout ». Il apparaît pour la première fois en 1720 dans le « Pantheisticon » de John Toland. Le panthéisme est un naturalisme de la divinité de la Nature. Tout ce qui est, existe non seulement par Dieu, mais en Dieu. Dieu n’est plus un être personnel distinct du monde, mais lui est immanent.

Dans le Panthéisme, le Divin est la Nature.

Le Panthéisme entretient certains rapports avec le Monisme et tente de résoudre les problèmes intrinsèque de la Dualité. L’âme et le corps sont une seule et même chose : Spinoza (1632-1677) affirme qu’il n’y a qu’une seule substance, à savoir Dieu ou la Nature. Héritier critique du cartésianisme, selon lui « Substance pensante » et « Substance étendue » ne désignent en réalité qu’une seule chose envisagée selon deux attributs distincts (les seuls que l’homme connaisse). Il en va de même pour l’homme qui est un mode de la substance divine : son âme et son corps sont une seule et même chose envisagée de deux manières distinctes.

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