Baktun 13, l’Apocalypse Maya ?

Il existe un certain nombre de prédictions pour le 21 décembre 2012, certaines annoncent de grands changements pour l’Humanité et d’autres plus simplement notre Apocalypse. Que l’on parle de cataclysmes, d’inversion des pôles ou d’une collision avec Nibiru, seule la date reste identique, issue d’une prophétie Maya vielle de 1300 ans. Petite analyse sur l’origine du mythe et explications sur la façon d’appréhender le Temps par les anciens Mayas.


Le nouvel Eldorado


Le monde moderne ne savait presque rien des Mayas il y a deux cents ans. La forêt avait repris ses droits sur la plupart de leurs cités et les prêtres espagnols (accompagnants les conquérants) avaient brûlés la quasi totalité de leurs livres. A ce jour, seuls quatre de ces codex ont été retrouvés et ont pu être presque intégralement déchiffrés. Parmis les civilisations de cette Mésoamérique (-2000 à 1600), les peuples Mayas, Aztèques (puis Incas) furent particulièrement étudiées pour leurs connaissances en Architecture, Mathématiques et Astronomie.

Quetzalcoatl

Les diverses conquêtes espagnoles du XVe siècle au XVIIe siècle mirent fin à l’ensemble de cette culture. Ces civilisations dites « précolombiennes » étaient déjà bien affaiblies par des luttes millénaires entre leurs Cités-Etats. Elles n’ont pas pu faire face à l’aspect quasi-divin des Conquistadors (Chevaux, Armures de métal et Armes à feu) et aux épidémies de maladies européennes qu’ils avaient ammennées avec eux.

Dans l’imaginaire populaire occidental, il existe une certaine confusion entre les Mayas, les Aztèques et les Incas. Pourtant l’apparition de leurs royaumes se fit de façon successive et sur des territoires différents même si finalement assez proche. Un petit tour d’horizon s’impose pour y voir plus clair.


Mayas, Aztèques, Incas ?


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Les Mayas étaient organisés en Cités-États indépendantes, gouvernées par des familles nobles. Leurs plus grandes cités étaient Tikal et Calakmul (IIIe – IXe siècle), puis Chichén Itzá (Xe siècle – XIe siècle) et finalement Uxmal (Xe siècle – XIIIe siècle).

Les Aztèques eux n’avait qu’une grande capitale, Tenochtitlan (XIVe – XVIe siècle), à l’emplacement de l’actuelle Mexico. Pour l’époque, c’était l’une des plus grandes villes du monde, avec plus de 200 000 habitants.

Enfin les Incas vivaient le long de la cordillère des Andes en Amérique du Sud. L’empire Inca avait pour capitale Cuzco ( (XIIIe – XVIe siècle) et était très structuré et bureaucratisé. Leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. Peu avant le déclin Quito devint la nouvelle capitale.

Ces trois peuples ont basés leurs croyances sur un même polythéisme hérité de préoccupation agraire  : Soleil, Pluie, Lune, Maïs etc… Dans l’ensemble ils savaient tous écrire (sauf les Incas), et avait une connaissance approndie des Mathématiques (hérité des Olmèques) et de une science astronomique très développée.

Ils ne connaissaient ni la roue, ni l’usage de la force animal et pourtant ils ont bâtit d’énormes monuments. De plus ils ne savaient pas forger le fer mais travaillaient parfaitement les métaux mous (or, cuivre, argent) et certaines pierres comme la Jade et l’Obsidienne. Un même sport pour tous, le jeu de balle rituel et une façon de compter (en base 20) et de voir le Temps semblable (calendrier civil solaire sur 365 jours, et calendrier rituel sur 260 jours).

Cérémonie sacrificielle aztèque et Repas anthropophage

Ils croyaient tous avoir été créés par le dieu « Serpent à plumes » (appelé Quetzalcoatl par les Aztèques) qui descendit dans le monde souterrain des morts et arrosa de son propre sang les os des ancêtres pour leur redonner vie. Enfin ils pratiquaient l’esclavage et le cannibalisme rituel. Les prisonniers de guerre étaient très souvent sacrifiés aux dieux.


Astronomie et Cosmologie Maya


Les civilisations méso-américaines accordaient une importance extrême au Temps. Sensible aux mouvements des astres, ils percevaient l’avancement du monde de façon cyclique. Ainsi il existait nombre de calendriers, certains étaient liés au Soleil (le haab) et à la Lune et d’autres purement rituel comme le Tzolkin. Les Mayas sont même allés jusqu’à créer plus de 15 calendriers différents ayant chacun son utilisation propre.

Ces mêmes Mayas accomplissaient des calculs mathématiques très sophistiqués et cela grâce au avantage de leur système vingésimal. Très observateurs et parmis les premiers peuples à écrire des éphémérides (avec Babylone), ils prédisaient aisément les éclipses de Soleil et connaissaient parfaitement les cycles de certains objets célestes comme Vénus.

Tout cela aurait été impossible sans l’usage du Zéro qui n’apparu que 1000 ans plus tard en Orient (vers 200 av. J-C, toujours à Babylone). Il est probable que cette transmission du Zéro soit l’héritage de la mystérieuse civilation Olmèque (-1200 vers -500). Pour exemple de leur formidable capacité à observer et à calculer, leur calendrier solaire, le « haab » (utilisé pour l’agriculture) totalisait 365,2420 jours, soit une erreur de seulement 0,0002 jour par rapport au nôtre (datant de 1700).

A partir de l’étude des stèles de la ville de Palenque, on a pu établir que les prêtres-astronomes mayas avaient trouvé une correspondance entre le nombre de lunaisons et le nombre de jours passés : 81 lunaisons correspondent à 2392 jours. Ainsi pour les Mayas la lunaison équivalait à 29,5308 jours soit une valeur tout à fait en accord avec celle que l’on reconnaît aujourd’hui (29,53058).

Vénus (Chak ek) fut apparement la seule planète véritablement importante. Cette planète est la plus brillante du Ciel (étoile du berger) et elle donne l’impression de tourner autour du Soleil. Les Mayas l’ont alors identifiée à un dieu important et potentiellement destructeur (pour les aztèques c’est Quetzalcoatl). Il fallait à tout prix gagner ses bonnes grâces, surtout lorsque la planète réapparaissait pour la première fois après s’être cachée pendant un temps.

Après des centaines d’années d’observations, ils purent établir que 5 révolutions synodiques de Vénus correspondaient à 8 années terrestres. Ils furent donc capables de calculer la période de la planète : 584 jours, une valeur très proche de celle actuellement admise (583,92 jours). Ainsi que ses différents stades : étoile du matin pendant 263 jours, invisible pendant 50 jours, étoile du soir pendant 263 jours et de nouveau invisible pendant 8 jours.


Calendrier et fin du monde


C’est l’observation des cycles astronomiques et terrestres (jour/nuit, saisons) qui a surement poussé les civilisations précolombiennes à concevoir le temps de façon cyclique. Les Mayas de la période classique utilisaient deux types de calendrier (Tzolk’in : 260j – Haab : 365j) pour former un troisième type de datation extrêmement précis : le « Compte long ». Le « Compte long » est un compte linéaire depuis la création du monde.

Compte Tzolk’in 13 cycles de 20 jours / Calendrier Haab 18 mois de 20 jours

Le point de départ de cette datation est le 11 août 3114 av. J.-C., c’est à cette date que Vénus est apparue pour la première fois au-dessus de l’horizon terrestre, marquant ainsi la naissance du cosmos actuel. Notre monde est en fait le 4ème Monde car selon leurs conceptions cosmogoniques, les dieux faisaient et défaisaient régulièrement l’Univers. Il n’existe donc pas un monde créé définitivement, ou de création sous un sens biblique.

« Au début, il n’y avait rien qu’un grand océan et le ciel. Alors les dieux créèrent les terres émergées, les forêts et les animaux. » Popol Vuh, Abbé Brasseur de Bourbourg (1861).

Un cycle complet du « Compte long » correspond à 13 baktun (5125 ans), soit la durée d’un monde. On sait désormais que juste avant le coucher de Soleil du 21 décembre 2012, Vénus disparaîtra sous l’horizon occidental tandis qu’à l’est, les Pléiades s’élèveront au-dessus de l’horizon. Ce phénomène astronomique marquera la fin du 4ème monde Maya. Les Aztèques qui avaient la même conception du temps ont résolus le problème en écourtant leur « 4ème Soleil » (4ème monde) et en entrant dans un « 5ème Soleil » censés leur donner une prospérité millénaire.

Les théories relatives à la « fin du monde » le 13.0.0.0.0 (notation maya) partent donc d’une conception erronée car il n’y a pas de fin du Monde Mayas (dans le sens apocalypse) mais juste la fin du supercycle de 13 baktuns commencé en 3114 avant notre ère. Le système du « Compte long » fut même abandonné vers 900 (période postclassique) au profit d’un système simplifié (compte court) composé de périodes de 13 katuns, c’est-à-dire 260 ans.


Donc il existe un après  ?


Comme la fin de ce 4ème Monde n’est pas la fin de l’Univers, il n’y a rien d’étonnant à ce que les Mayas aient écris des dates ultérieures (dans un 5ème Monde). Les inscriptions de la Pyramide de Palenque mentionnent des événements futurs ou des commémorations qui auront lieu bien après la fin du 13 baktun. Sur le panneau occidental de la pyramide, une section se projette jusqu’à la 80e roue calendaire de 52 ans à partir du couronnement du souverain K’inich Janaab’ Pakal I (né 9.9.2.4.8 = 27 juillet 615), ce qui aboutit au 21 octobre 4772.

De plus il n’existe aucune correspondance entre le « Compte long » et la Précession des équinoxes (25800 ans), 4 * 13 baktun = 20500 ans, 5000 ans trop court donc. Et dans le même genre, il n’existe aucun alignement astronomique remarquable pour décembre 2012. Conclusion… rendez-vous au premier de l’an.

Comparaison de taille entre Vénus et la Terre.

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