Un calendrier lunaire pour le « Stonehenge » allemand

Des chercheurs allemands ont découvert récemment, dans la Forêt Noire, en Allemagne, un site funéraire celte datant du 7e siècle avant J.-C. Celui-ci aurait été disposé en fonction de la position de la Lune et des constellations de l’hémisphère nord : un calendrier lunaire, en quelque sorte.

En juin dernier les archéologues du RGZM (Römisch-Germanisches Zentralmuseum) à Mayence ont annoncé la découverte d’un gigantesque calendrier lunaire celtique sur le site archéologique de Magdalenenberg, près de Villingen-Schwenningen, dans le massif de la Forêt-Noire. Le tumulus royal a fait l’objet de fouilles, il y a une quarantaine d’années, mais c’est un logiciel d’imagerie de la NASA qui a récemment permis de repérer la disposition des tombes.

Le Tumulus du Magdalenenberg mesure 100 mètres de diamètre.

Le Tumulus du Magdalenenberg mesure 100 mètres de diamètre. Ainsi que l’explique le Dr. Allard Mees, qui dirige les travaux de recherche, la disposition des sépultures secondaires, autour de la tombe princière, correspondrait exactement avec les constellations du ciel de l’hémisphère nord. Contrairement au monument mégalithique de Stonehenge en Angleterre, qui serait aligné sur les cycles solaires, le tumulus de Magdalenenberg serait focalisé sur les évènements lunaires. En tenant compte de l’alignement des sépultures en fonction des constellations visibles au solstice d’été, et de la disposition des rangées de poteaux de bois par rapport à un cycle lunaire de 18.6 ans, les archéoastronomes ont estimé la date de construction des tombes à 618 avant notre ère. Le calendrier lunaire celtique de Magdalenenberg serait donc le plus ancien et le plus complet connu à ce jour.

La datation proposée par l’équipe de chercheurs du Musée de Mayence confirme les résultats obtenus par la dendrochronologie puisque le bois trouvé dans la chambre funéraire (une pièce de 8 x 6,5 mètres) a été estimé à 616 avant JC. Les premières campagnes de fouilles sur le site Germano-celtes de Magdalenenberg sont menées, entre 1970 et 1973, par l’ archéologue autrichien Konrad Spindler (1939-2005).

Plan général de la sépulture par rapport aux constellations et à la Lune.

Alexander Thom (1894–1985), conférencier à l’Université de Glasgow puis professeur d’ingénierie à l’Université d’Oxford, est le premier a proposé l’idée d’un calendrier mégalithique. Ses théories sur les monuments mégalithiques britanniques et bretons sont publiées dans un ouvrage intitulé Megalithic Lunar Observatories en 1971. Si une partie de ses travaux reste controversée, Alexander Thom est néanmoins considéré comme l’un des précurseurs de l’archéoastronomie. Parmi les documents dont nous disposons sur l’antiquité celtique, le plus connu est le calendrier de Coligny, une grande table de bronze datant du IIe siècle et découverte à Coligny dans l’Ain. Il s’agit d’un calendrier semi-lunaire, rédigé en langue gauloise. On sait cependant que les Celtes avaient mis au point un calendrier bien avant cette date, puisqu’il est mentionné par Jules César dans sa Guerre des Gaules vers 52-51 av. J.-C.

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