Détails sur la tombe d’une sorcière du XIIIe siècle

Une seconde équipe d’archéologues vient d’exhumer les ossements d’une sorcière italienne, dans la nécropole de la ville portuaire de Piombino en Toscane. Les sépultures sont datées du 13ème siècle et suggèrent un rituel d’exorcisme, selon Alfonso Forgione, du département d’histoire et de méthodologie comparée de l’Université de L’Aquila.

Les squelettes ont été trouvés avec des dés, alors les femmes n'étaient pas autorisées à jouer

A coté de cette sorcière supposée, les archéologues ont trouvé une autre sépulture énigmatique. Les dépouilles sont attribuées à de jeunes femmes âgées de 25 à 30 ans. La première a été inhumée à même la terre, sans cercueil ni linceul. Sept clous courbes de 4 cm de long étaient plantés dans sa mâchoire et 13 autres dispersés autour de son cadavre. Il se peut qu’on ait ainsi fixé ses vêtements au sol, pour l’empêcher de revenir hanter les vivants. Le second corps a été enterré avec une bourse en cuir contenant 17 dés. Or, au Moyen-âge, les jeux de hasard étaient strictement interdits aux femmes par les autorités civiles et religieuses et le nombre 17 considéré comme porte-malheur.

Les ossements ont été découverts, par hasard, lors d’une campagne de fouilles autour des vestiges de la cathédrale médiévale, et dont l’objectif était de localiser le tombeau de Saint Cerbone († v. 580) ou Cerbonius de Populonia, évêque et patron de Piombino. La présence des deux femmes, dans ce lieu consacré, est d’autant plus surprenante qu’elles étaient sans doute considérées, l’une comme une créature démoniaque et l’autre comme une hors-la-loi. Elles n’ont pas semblé dignes d’une sépulture décente, mais elles ont obtenu une place dans le cimetière de la cathédrale, tout près de la tombe d’un Saint. Les reliques de celui-ci se trouvent aujourd’hui dans la cathédrale St Cerbone à Massa Marittima en Toscane.

Tombeau de St Cerbone, Massa Marittima, 1324. Idle Speculations.

L’hypothèse la plus probable est que les défuntes n’étaient pas de simples paysannes, mais qu’elles étaient issues de milieux aisés. Aussi, par déférence envers leurs riches parents, aurait-on consenti à les ensevelir en terre chrétienne. Pour l’heure, les archéologues n’ont pas encore établi les causes de décès des deux femmes. Il n’est pas exclu qu’elles aient succombé à une cérémonie d’exorcisme.

Depuis que les fouilles ont commencé, les chercheurs italiens (Fabio Redi, professeur d’archéologie médiévale à l’Université de L’Aquila et Andrew Camilli, du département des Antiquités de Toscane) ont trouvé 350 sépultures, réparties sur une zone de 8 mètres sur 10, autour de la chapelle qui, selon la légende, marquerait la place du tombeau de l’Évêque. Le site de la nécropole est situé sur un promontoire, dans le golfe de Baratti. Les archéologues pensent que le cimetière s’étend encore de 20 mètres vers l’intérieur des terres et de 10 mètres vers la mer. Malheureusement, le temps joue contre eux puisque la falaise s’érode plus vite qu’ils ne creusent. Le promontoire risque de s’écrouler comme un jeu de cartes. On peut même voir les ossements en saillie. L’importance de la population de la nécropole prouve, en tout cas, que l’ancien port Étrusque de Piombino était encore prospère au Moyen-Age.

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