La Phytothérapie en question

Nous tenions à partager une vidéo promotionnelle et explicative pour une pétition contre la mise en vigueur en France d’une nouvelle directive européenne, la THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive). En effet, après le 30 avril 2011, de nombreux produits et compléments alimentaires à base de plantes vont devenir illégaux en France car ils ne répondront plus (en théorie) aux autorisation de mise sur le marché (AMM).

Cette vidéo est à l’initiative du collectif Guérison défendue que vous pourrez trouver à cette adresse : http://www.defensemedecinenaturelle.eu. Libre à chacun de signer ou pas cette fameuse pétition mais nous tenions quand même à clarifier certaines choses sur la Phytothérapie et la Pharamacopée moderne.

Qu’est-ce que la Phytothérapie ?

 

La phytothérapie ou thérapie par le monde végétal nous vient du grec ancien « phyton« , végétal, et « therapévô » signifiant servir, prendre soin. De nos jours, le terme rassemble deux disciplines bien distinctes :

  • la première, étymologiquement correcte, est l’utilisation des plantes dans un but curatif. Que ce soit par le biais d’infusion, de décoctions, d’onguents ou d’élixirs. Sous cette forme, elle est dite non conventionnelle car, dans son ensemble, elle n’a pas subit d’études cliniques.
  • tandis que la seconde, branche de la pharmacopée moderne, tente d’isoler des principes actifs pour les standardiser puis les reproduire synthétiquement.

Les premières traces écrites d’une médecine traditionnelle par les plantes remontent aux sumériens (3000 av J-C.). Gravés sur des tablettes d’argile, on y découvre l’utilisation de plantes telles le myrrhe, le chanvre, le thym, le saule en décoctions filtrées.

L’Egypte, pays des Scribes n’est pas en reste, avec le Papyrus d’Ebers (1700 av J-C.), ouvrage de référence sur la pharmacopée et la médecine égyptienne. Ce parchemin de 110 pages (20 mètres de long) contient plus de 700 formules magiques et remèdes tirées pour la plupart du règne végétal : safran, myrrhe, aloès, feuilles de ricin, lotus bleu, extrait de lys, suc du pavot, huile de baumier, résine, encens, jusquiame, chanvre, etc….

Une page du papyrus Ebers

Lors de l’Antiquité greco-romaine, toutes ces connaissances empiriques (acquise par l’expérience) furent condensées, notamment au travers l’oeuvre d’Hippocrate (400 av J-C.)  et son célèbre adage : « la Nature et le médecin des malades ». Son traité, « Pharmakitis » servira de référence jusqu’au Moyen-âge. Il théorise l’usage des plantes en fonction des symptomes. Les symptômes sont reconnut grâce à se « théorie des humeurs » et les plantes seront classer selon leurs effets sur ces humeurs : évacuant (laxatif), émétique (vomitif) diurétique… Mais ce fût réellement le médecin grecque Dioscoride (Ier Siècle) qui nous laissa le plus d’informations avec son traité « De materia medica » (sur les plantes médicinales) qui expose plus de 1600 substances dont 500 plantes. Galien (IIème Siècle), quand à lui est considéré comme le père de la pharmacie et fît d’importante découvertes sur le fonctionnement biologique du corps humain.

Au Moyen-âge, l’alchimiste, médecin et astronome Paracelse (14793-1541) codifie et hiérarchise l’ensemble des connaissances médicales. Dans son ouvrage « Volumen medicinae paramirum », il distingue cinq méthodes médicales (plantes contraires, médicaments, verbe, herbes et racines semblables, enfin foi) et cinq origines aux maladies (maux constitutionnelles, empoisonnements ou infections, incidences climatiques et cosmiques, maladies mentales, enfin action de Dieu). Il est aussi le précurseur de la toxicologie ; « tout est poison, rien n’est sans poison, c’est la dose qui fait le poison » ; et de la médecine psychosomatique avec son livre « Von den unsichtbaren Kranckheiten«  (maladies invisibles). Sa médecine était un subtile mélange hermétique de philosophie « théorie des signatures » et d’alchimie « théorie élémentaire ».

Le Cosmos vu par Paracelse

Ses théories ont naturellement évoluées vers la Spagyrie de Basile Valentin, médecine hermétique elle aussi basée sur l’alchimie, la philosophie et l’astrologie. Cette dernière est une méthode de soin se basant sur la vision « énergétique » de l’Homme et qui vise à rééquilibrer ce dernier dans son harmonie. Le travail en laboratoire se base sur les principes alchimiques et vise à l’élaboration et l’extraction de teintures, elixirs, magistères et de quintessences.

Au XIXème siècle, on fini par découvrir les principes actifs des plantes :

  • strychnine dans la noix vomique
  • quinine dans l’écorce de quinquina
  • codéine de l’opium
  • atropine de la belladone
  • cocaïne de la coca
  • digitoxine de la digitale
  • ergotine de l’ergot de seigle
  • morphine de l’opium

Mais les difficultés techniques de préparation, de dosage et de conservation des plantes mèneront vers une Pharmacopée industrielle et chimique.

Plantes à propriétés digestives

Une pharmacopée rapide et sûre ?

 

Depuis le début du XXème siècle, la pharmacopée moderne basée sur des composés chimiques synthétisables a finalement supplanté la phytothérapie ; plus difficile d’accès en terme de préparation et d’emploi. A titre informatif, le diplôme français d’Herboriste a été supprimé en 1941.

Pour exemple les décoctions d’écorce de Saule (Salix) et les tisanes de feuilles Cinchona (Quinine) étaient réputées pour leurs vertus contre la fièvre et les douleurs. De nos jours, l’extraction de l’acide salicylique est remplacée par la synthétisation du salicylate (Aspirine) et de l’acétylaminophénol (Paracétamol).

Mais quand est-il vraiment de toute ses molécules chimiques qui ne sont pas présentes naturellements dans des organismes vivants ? Comment se fait-il que des médicaments soumis à une AMM soit retirés du marché et ce après des années de commercialisation. Des médicaments populaires comme le Cholsat, le Vioxx, l’Avandia, le Mediator, le Buflomedil, ou la moécule de Dextropropoxyphène  ont des effets secondaires graves voir mortels, pourquoi les avoir prescris ?

Si dans le fond, vous en conviendrez, il est anormal que des « médicaments » ou des produits présentés comme telle n’est pas à justifier du moindre effet thérapeutique (ou essai clinique) du moment qu’il porte le sésam de Phytothérapie ou Homéopathie. Il est tout aussi anormal que l’on est autorisé des « médicaments » chimiques plus proche du poison que d’autres choses tant leur pourcentage d’efficacité est faible comparé aux effets secondaires engendrés.

Que penser alors de cette réforme européenne ?

 

Tout cela met en évidence un problème dans notre Système de Santé. Notre Inconscient collectif nous dicte la méfiance :

Attention aux Vaccins !
Gare aux Antibiotiques !
Les Médicaments tuent !

Mais il faudrait aussi comprendre que Bio ne veut pas forcément dire Bon. Et Naturel ne signifie pas pour autant Sans Danger. Rappelons le, on ne peut pas tout soigner avec de la Phytothérapie. Ainsi il n’existe aucunes solutions aux problèmes hormonaux, cardiovasculaire, d’immunité et des cancers. Et il existe de grave interaction avec d’autres médicaments.

Face à cet peur ambiante, le XXIème siècle voit l’émergence d’une contre-pensée avec l’acceptation de thérapies alternatives comme l’homéopathie et l’aromathérapie. Des scientifiques persistants recherchent sans cesse de nouveaux traitements au travers des médecines chamaniques et par la compréhension des sciences médicinales orientales.

Cette réforme est peut être, comme nous l’explique la vidéo, simplement une histoire de monopole et d’argent. Mais attention, la phytothérapie est une chose, l’ensemble de ce que l’on appelle médecine douce, ou thérapie alternative en est une autre.

Prenons le cas de l’Homéopathie dont les méta-analyses (essais cliniques statistiques de très grandes ampleurs et sur plusieurs années) effectuées n’ont démontré aucune viabilité du traitement. En France, l’homéopathie reste autorisée car elle est une alternative moins couteuse pour la Sécurité Sociale. En effet, achetter à bas prix un traitement homéopathique partiellement remboursé est bien plus rentable que de rembourser totalement un médicament chimique bien plus cher. Encore une histoire d’argent, alors est-ce les laboratoires pharmaceutiques qui jouent avec notre santé ou simplement les états ?

Le mot de la fin.

 

Personnellement, j’ai signée la fameuse pétition même si au final je doute de son efficacitée. Mais en même temps, je trouve normal qu’un traitement doivent prouver son efficacité avant d’être qualifié comme tel.

Pourquoi donc vouloir privatiser la Nature ? car si cette réforme passe, des laboratoires « Bio » vont apparaître avec leur pléthore de médicaments inspirés des médecines traditionnelles et ce sera la perte de nos remèdes de grands-mères qui même si fonctionnant très bien, ne seront pas assez rentable.

La boucle est bouclée. Ce n’est pas par la fin qu’il faudrait commencer la réforme mais par le début : La relation médecin / patient.


NB: Cet article est le fruit d’un collaboration avec Obsidian.

Un commentaire

  • Marthou Landolt

    la relation médecin patient est très importante, mais voilà le médecin n’aime pas trop donner d’explication. pourquoi?Peut-être a-t’il peur d’être mal compris.

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