Pressentiment et Précognition

Pour la Psychologie l’existence du Psi (voir notre article) est à peu au même niveau que le principe du Mouvement perpétuel en Physique. La télépathie, la clairvoyance, les prémonitions sont toujours considérés comme du domaine de la fiction. Les Perceptions extra-sensorielles (P.E.S.) sont en général étudiées par des professeurs inconnus mettant en avant des théories fantaisistes ou par des sceptiques convaincus.

Que faire, alors, de ce document (télécharger le pdf en anglais) qui sera publié ce mois-ci prochain dans le Journal of Personality and Social Psychology ? Feeling the Future: Experimental Evidence for Anomalous Retroactive Influences on Cognition and Affect est le rapport d’expérimentation d’un psychologue social (Daryl J. Bem, Cornell University) sur plusieurs phénomènes qualifié de « Psi ».

Dans ses expériences, Daryl J. Bem  a démontré que certaines personnes font de meilleurs scores que le hasard lors de tests de Précognition (connaissance d’informations relatives aux futurs). La différence n’est pas énorme mais elle est statistiquement significative.

Le Travail du Professeur Bem est très différent de ce qui fait habituellement la cible des sceptiques. Tout d’abord, sa réputation et le sérieux de ses travaux passés sont inattaquables. Sorti du M.I.T. en 1960, il obtient son doctorat de Psychologie en 1964. Ses travaux sur la Perception de Soi font références et il s’est démarqué comme étant un partisan du protocole Ganzfeld dans ses récents travaux sur les P.E.S.

Ensuite ce qui est vraiment interessant, les protocoles et les données sont conformes aux normes de la profession et sont librement consultable. Le Docteur Bem ne tente aucune explication ou analyse des résultats, il se contente de le délivrer en toute impartialité. Il n’est d’ailleurs pas connu pour être véritablement convaincu de l’existence des P.E.S. mais il pencherait plûtot pour un fonctionnement quantique du cerveau et d’erreurs d’interprétation sur notre vision du Temps.

Daryl J. Bem a choisi d’opter pour la Reproductibilité (ce qui en général fait défaut dans ce domaine) en n’utilisant que des instruments et méthodes classiques de la Psychologie. L’ensemble de son travail est donc parfaitement intelligible et peut être de nouveau testé par tierce.

Il a simplement inversé des tests classiques de rapport entre Perception et Mémoire. La première expérience montre à des participants un mot positif ou négatif avant de leur présenter une photographie; ils doivent ensuite dire si cette photographie correspond au mot qu’on leur a présenté auparavant. (Par exemple, une photo d’un panier de fruits peut être associé au mot « savoureux » ou « amer », celle d’un pit-bull à l’air pas commode à « amical » ou « menaçant »).

Dans le protocole inversé, on montre une photo puis on demande de prédire quel mot serait présenté ensuite. Dans les deux cas, un ordinateur décidait de façon aléatoire du mot positif ou négatif présenté avant (dans le test classique) ou après (dans le test du Dr. Bem). Lors du second test, les 97 participants devaient deviner dans laquelle de deux parties d’un écran se trouverait une image érotique. Comme les positions sont choisis aléatoirement par l’ordinateur, personne ne pouvait savoir à l’avance où une image serait. (image sans rapport avec l’expérience, illustration uniquement).

Avec de la simple chance, les participants auraient dû avoir raison la moitié du temps. Mais ils ont prédit correctement 53% du temps. Pas une grande différence ? Peut-être, mais cette différence est du même type que celles qui permettent de soutenir que l’aspirine empêche les crises cardiaques ou que le calcium aide à construire des os solides.

Donc, si nous acceptons la réalité des phénomènes Psi, comment peut-on les expliquer avec notre compréhension du temps et de la physique ? Eh bien, la vérité est que ces effets sont en fait assez cohérent avec les théories de la Physique quantique. Par exemple, Einstein croyait que le simple fait d’observer quelque chose pourrait affecter cette chose, un phénomène qu’il a appelé « action fantôme à distance. » (voir paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen).

Par exemple, dans le classique « expérience de la double fente », les physiciens ont découvert que des particules de lumière réagissent différemment quand elles sont observées.

Dr Quantum – Double Fente

En 1999, des chercheurs ont poussés cette expérience à ses limites en se demandant ce qui se passerait si l’observation était mise en place après que les particules soient émises. Étonnamment, ils ont trouvé que ces particules ont agis de la même manière, comme si elles savaient qu’elles allaient être observées.

Les êtres humains perçoivent le temps comme linéaire, cela ne signifie pas nécessairement qu’il en est ainsi. Pour être objectif, nous ne devrions pas laisser nos croyances préconçues et les préjugés influencer ce que nous étudions, même si ces idées préconçues reflètent nos hypothèses sur la façon dont fonctionne le temps et l’espace.

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