Parapsychologie : définition et avancées

La parapsychologie est l’étude pluridisciplinaire au moyen de la méthode expérimentale de phénomènes qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l’environnement. Ces phénomènes sont appelés phénomènes Psi. Le fondateur de cette discipline est Joseph Banks Rhine (l’inventeur des Cartes de Zener). La parapsychologie a succédé historiquement à la métapsychique, qui étudiait le somnambulisme et les médiums au XIXe siècle.

Pour la majorité des scientifiques, la parapsychologie est néanmoins considérée comme une pseudo-science à cause de son incapacité à prouver l’existence de son objet d’étude, le Psi, mais aussi par sa remise en cause des principes de nombreux autres domaines scientifiques, comme la physique fondamentale ou la biologie.

À l’inverse, la psychologie des expériences inhabituelles est une discipline qui étudie les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au Psi. Le mouvement Sceptique contemporain et plus particulièrement la Zététique française sont les principaux détracteurs des recherches menées en parapsychologie. Les associations et sociétés qui en découlent se positionnent comme les garde-fous d’un engouement néophyte parfois dangereux.

Les chercheurs en parapsychologie et métapsychique se sont accordés au fil du temps sur un classement commun pour l’ensemble des phénomènes Psi. On distingue ainsi trois grandes catégories :

I. Les perceptions extra-sensorielles (P.E.S.)

  • La télépathie : échange psychique d’information à distance entre deux ou plusieurs personnes ;
  • La clairvoyance : connaissance d’un événement qui s’est produit à distance ;
  • La clairaudience : réception d’informations, de voix, de signaux;
  • La précognition : connaissance d’information portant sur un événement qui ne s’est pas encore produit.

II. La psychokinèse (P.K.)

  • La macro-PK : causer mentalement une action sur des objets de taille « normale » ;
  • La micro-PK : causer mentalement une action au niveau quantique ;
  • LA bio-PK : causer mentalement une action sur des organismes vivants.

III. La psyché immatérielle

  • La projection astrale : décorporation provoqué par l’entrainement ou les drogues ;
  • Les expériences de morts imminentes (E.M.I.) : décorporation suite à un choque traumatique ;
  • Le concept de Réincarnation et le phénomène de Régression.

La 53ème convention de la Parapsychological Association (voir ce sujet du forum) fût riche en intervenant de tous horizons. Organisé par l’Institut métapsychique international à Paris en juillet dernier, des chercheurs français ont mennés de remarquable exposés sur l’avancement de la recherche parapsychologique. Ce fût aussi le moment propice pour découvrir et comprendre les travaux de chercheurs anglophones comme Dick Bierman ou Dean Radin.

Dans un but informatif, nous délivrerons par le suite quelques résumés et extraits des interventions de ces chercheurs :

  • Pierre Janin, ancien Secrétaire Général du GERP, ancien collaborateur de Rémy Chauvin, reste une personnalité importante de l’expérimentation en parapsychologie. Il en effet l’inventeur du Tychoscope, un robot autonome aux déplacements aléatoires utilisé pour les tests en psychokinésie. Il fut l’auteur de plusieurs articles en parapsychologie, entre 1975 et 1980 et est actuellement Psychothérapeute et formateur en Gestalt thérapie.

« Pour le GERP (Groupe d’Etudes et de Recherches en Parapsychologie) la distance matérielle, les obstacles tels que murs, écrans de matières diverses dont cages de Faraday, tout comme les décalages dans le temps, sont par essence hors sujet (…) Au GERP il  était aussi évident que le psi n’est pas plus reproductible à volonté que par exemple l’état amoureux, l’anxiété, ou les rêves (…) Ils rejoignaient ainsi  les  réflexions  et  propositions de  Jung autour  des  synchronicités,  ces coïncidences qui font sens entre dispositions psychiques inconscientes et événements matériels extérieurs (…) »

« La recherche en parapsychologie est confrontée, depuis ses débuts, à des difficultés de reproductibilité concernant les effets qu’elle tente de démontrer. Ces difficultés sont associées à l’absence d’une théorie qui permettrait d’expliquer de tels effets sur les plans physiques et biologiques, suscitant ainsi de vives controverses concernant la pertinence de son objet d’étude au sein du champ scientifique (…)« 

  • Michel Cazenave est l’ancien responsable de programmes à France Culture et le Président du Cercle Francophone de Recherches et d’Information C. G. Jung. Ecrivain et philosophe, il est aussi le Directeur de la traduction en français de l’oeuvre de C. G. Jung.

« A la fin de son œuvre principe sur l’alchimie, le Mysterium conjunctionis, Jung ne craint pas de renvoyer au corpus philosophique de Plotin, et déclare que ce qu’il appelle l’inconscient collectif n’est que le nom moderne du concept antique d’âme du monde : Anima Mundi(…) Autrement dit, ce qui est séparé dans notre monde manifesté est encore réuni dans un autre niveau de réalité – celui, précisément, de l’Ame du monde – et chacune, par son chemin propre, la microphysique et la psychologie des plus grandes profondeurs s’achemineraient vers ce niveau de réalité. (…) A ce niveau, l’âme et la psyché sont à envisager comme espaces intermédiaires entre l’Esprit et la Matière. Esprit, âme, psyché, matière… chaque niveau considéré est redevable du fonctionnement de l’autre. Ainsi la pointe de toute psychologie est-elle une « méta-psychique » où l’imagination n’est plus la « folle du logis », mais bel et bien une puissance créatrice qui porte témoignage de l’intelligible de l’univers dans lequel nous vivons. »

  • Dick Bierman est professeur et docteur en Physique expérimentale, il possède en outre une chaire en Parapsychologie de l’Université d’Utrecht. Il a présenté ses travaux les plus récents sur l’anticipation inconsciente et sa théorie de la retrocausalité.

« Dans tout le formalisme de la physique moderne, il existe une symétrie temporelle, explique-t-il. Tous les phénomènes sont symétriques par rapport au temps, et tout calcul a donc deux solutions : une solution avancée (antérieure à la mesure) et une retardée (postérieure). »

Anticipation inconsciente

Ses recherches scientifiques effectuées dans des conditions contrôlées ont mis en évidence des phénomènes qui pourraient être interprétés en termes de précognition. Il a été observé qu’avant la visualisation de certaines images (en particulier lorsqu’elles sont de nature violente), on obtenait une excitation au niveau des mesures bio-physiologiques que l’on ne retrouve pas pour les images neutres. On devrait normalement enregistrer de telles variations après la visualisation de l’image, mais pas avant. Ces expériences consistent à mesurer la réaction physiologique inconsciente – en l’occurrence la modification de conductivité de la peau – de sujets à qui l’on présentait des images soit neutres soit chargées émotionnellement. La conductivité de la peau varie très finement selon l’émotion qui entraîne une micro-transpiration des mains.

Dick Bierman ne sait pas lui-même comment expliquer cet effet mais pose la question de savoir s’il ne s’agit pas de perceptions Psi. Ce même effet a pu être mis en évidence dans les tracés effectués lors d’expériences de psychologie cognitive plus classiques et dans lesquelles les chercheurs avaient simplement étudié les réactions après visualisation d’une image.

Rétrocausalité

Une autre série d’expériences a permis d’illustrer ce principe. Chacun connaît l’effet qui consiste à percevoir sous deux angles possibles la figure d’un cube dessiné en trois dimensions mais « en transparence ». On parle de perception bi-stable pour désigner le fait que l’on peut percevoir alternativement le cube comme « du dessus » ou bien « du dessous ». L’expérience consiste pour le sujet à laisser varier sa perception entre les deux cas de figure, puis de presser un bouton lorsque la vision se stabilise « du dessus », et de presser à nouveau lorsqu’elle repasse « du dessous ». On mesure la durée de la perception stable « du dessus » et on tente de l’influencer en présentant immédiatement après au sujet une image du cube, mais cette fois en supprimant la transparence, de sorte que la perception est « forcée » dans un sens ou dans l’autre. Or, que constate t’on ? Une « interférence rétroactive », c’est-à-dire que la durée de la perception « du dessus » est significativement plus courte lorsqu’on présente ensuite la vue opaque « du dessous », « comme si le stimulus avait une influence à rebours dans le temps pour contrecarrer la stabilité de la perception du dessus », explique Dick Bierman. Cette expérience a été conçue pour ne pas faire intervenir le facteur émotionnel, poursuit-il, « même si l’expérimentateur peut en éprouver lui-même à la vue des résultats ! ».

Au final, le modèle du Dr Bierman suppose que la conscience elle-même, en tant que système physique complexe, permet de restaurer la symétrie temporelle dans ces expériences. Mais cette approche théorique aurait surtout le mérite de rendre compte aussi bien des expériences de perception extrasensorielle que des vécus quotidiens liés à l’intuition et au pressentiment. Des chercheurs en méta-statistique (comme Dean Radin) ont en effet constatés que les trains qui déraillent ou les avions qui s’écrasent sont statistiquement moins remplis que les autres, certaines personnes différant leur voyage au dernier moment sans raisons particulières.


Axes de recherche et hypothèses

Les expériences effectuées par les parapsychologues ont mis en évidence des effets. Ces effets ont des tailles relativement faibles, ce qui implique la nécessité d’études avec une forte puissance statistique. Néanmoins, les effets sont du même ordre que ceux observés en médecine et pharmacologie. L’interprétation de ces effets est l’objet de débats au sein de la communauté parapsychologique. À l’heure actuelle il est difficile de déterminer si ces résultats sont le fruit d’artefacts subtils ou la mise en évidence d’interactions inconnues. La principale difficulté provient du fait qu’à supposer que ces interactions existent, il n’existe pas de démonstration sur le plan physique et biologique de leurs mécanismes. Cependant, les travaux déjà effectués permettent d’arriver à un certain nombre d’observations :

  • Si les perceptions existent, elles ne reposent pas sur un canal physique tel que ondes électromagnétiques, ultra-sons, etc… Des expériences avec cages de Faraday, ou bien à des distances de milliers de kilomètres, ont eu des résultats positifs.
  • Ces perceptions semblent indépendantes de la distance et du temps. Il n’y a pas de différence entre les effets par précognition ou par clairvoyance.
  • Une anomalie de communication (télépathie) peut apparaitre grâce au protocole Ganzfeld.
  • Les résultats varient d’un sujet à l’autre et d’un test à l’autre, ce qui entraine une non-reproductiblité au sens strict. Pourtant, il existe, comme dans toute science humaine, une reproductibilité statistique qui peut être mise en évidence par la méta-analyse.
  • La plupart des expériences Psi mettent en évidence un effet de déclin : les réussites sont plus importantes au début qu’au milieu du test, et parfois remontent vers la fin (la fameuse courbe en U). Cet effet, observable dans des expériences de psychologie cognitive classique, pourrait provenir de la fatigue et la lassitude des sujets.
  • Quelquefois, on obtient du psi-missing, c’est-à-dire des résultats aux tests significativement très inférieurs à ceux prévus par le hasard (comme si les sujets « rataient » volontairement). Il est possible de prévoir avant le déroulement d’une hypothèse ce type d’effets chez les sujets qui ne croient pas en l’existence de ces expériences.
  • Les phénomènes de RSPK semblent se focaliser autour d’un individu (souvent un jeune souffrant de problèmes psychologiques), et/ou de certains objets.
  • L’ampleur des effets PK ne dépend pas de la complexité du dispositif expérimental.

La recherche n’a pas vraiment évolué depuis le début du siècle. Le seul élément nouveau étant l’apparition de l’Informatique ; celle-ci a permis de pousser à un autre niveau l’analyse des méta-statistiques et de se rendre compte d’un éventuel effet PK sur la génération de nombre aléatoire (en cours chez IMI).

Le dépistage et la sélection de sujets se fait toujours communément grâce aux cartes de Zeller. Le Protocole Ganzfeld est couramment utilisé dans la recherche sur le Télépathie. On peut adjoindre à celui-ci l’Hypnose pour induire des états de conscience modifiés (en cours chez IMI).

Après le 11 Septembre 2001, le gouvernement britannique relança un projet de remote viewing (vision à distance) semblable au Stargate américain (abandonné en 1995). En France, un programme semblable est en cours chez Circée.

En savoir plus : Institut Métapsychique InternationalObservatoire Zététique & Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires & Mouvement Sceptique & Parapsychological Association

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