Mosavy, la sorcellerie malgache

Madagascar est une grande île qui abrite des habitants issus d’un métissage de plusieurs races. De ce fait, les us et les coutumes sont très diversifiés. La colonisation y a introduit la civilisation moderne, y compris la foi chrétienne. Mais il existe, malgré tout, une partie de la population qui a gardé les traditions et les cultures ancestrales du pays. En fait, la religion malgache est similaire à la religion orientale, comme l’hindouisme.

Les malgaches sont, en général, très superstitieux, ils croient au pouvoir du Maître de l’Univers appelé également Zanahary, des ancêtres, ainsi que des morts qui, toujours selon leurs traditions, accèdent à une vie supérieure et protègent les vivants après leur mort. Ils sont donc considérés comme des intermédiaires entre Dieu et les êtres vivants.

De nombreux malgaches cherchent le moyen d’établir le contact avec les morts qu’ils croient être au suprême pouvoir. En relation avec cette religion traditionnelle, la sorcellerie fait partie intégrante de la culture de la société malgache. La sorcellerie à Madagascar se présente sous diverses formes, et par conséquent, les impacts en sont aussi différents. Dans certains cas, la sorcellerie peut être utilisée de manière positive, c’est-à-dire que les actions effectuées soient faites dans le but de guérir quelqu’un d’une maladie par exemple. Dans les zones rurales enclavées, et même dans certains villages, il y a encore des gens qui ne croient pas aux compétences des médecins et qui se fient toujours au pouvoir des guérisseurs traditionnels. Depuis plusieurs générations, ces derniers utilisent les plantes et leurs vertus à des fins médicales.

Les guérisseurs ont le pouvoir d’entrer en contact avec les ancêtres qui leur dictent la conduite à tenir ainsi que les méthodes à utiliser afin d’apporter la guérison aux malades. Ces sorciers guérisseurs sont appelés « Ombiasy » ou  » Olo-be Hasina« . Ils ont un rôle important à jouer dans la communauté et la société, ils leur rendent service, surtout sur le plan social, ils sont au service de la société au même titre que le corps médical.

Ces guérisseurs n’ont reçu aucune formation scientifique, néanmoins ils ont reçu un don qui leur permet d’exercer et leurs remèdes sont fréquemment utilisés pour la fabrication de médicaments. Ils peuvent être efficaces ou non selon les cas. Il existe aussi une autre catégorie de sorciers dénommés « Mpamosavy« . Contrairement à la première catégorie, ils utilisent leur pouvoir afin de faire du mal à leur entourage, surtout aux personnes qui leur sont antipathiques. Ils agissent comme les magiciens, en lançant des sortilèges à des fins malfaisantes. Il s’agit surtout de gens, qui par jalousie ou par dépit, ou tout simplement par mauvaise foi, cherchent à semer le malheur autour d’eux. Des jeunes filles deviennent sorcières suite à une déception amoureuse, ou à la suite d’une folle envie d’attirer un homme dans ses filets. Par dépit, après avoir été laissée tomber, pour se venger de ce fait, ou afin de pouvoir séduire la personne tant convoitée, et ne pouvant le faire par ses propres moyens, certaines personnes font appel à des sorciers, malveillants eux aussi. Ces derniers les incitent à intégrer un groupe de sorciers qui font des sorties nocturnes régulières, et agissent contre la société.

Lors de ces sorties, ils sont tous presque nus, femmes et hommes ne portent qu’un pagne. Ils se badigeonnent, littéralement, avec de l’huile, et ils dansent sur les tombeaux. Ces tombeaux renferment le corps des ancêtres, et de ce fait, représentent pour les malgaches un lieu inédit et sacré, digne du plus grand respect. Ils montent sur les gens qu’ils croisent, comme on monte les chevaux de course. Le fait de se badigeonner d’huile, sert à pouvoir s’échapper facilement si jamais on essaie de les attraper, car les mains glissent sur un corps très huileux. Leurs cheveux sont tout ébouriffés et ils peuvent aussi être barbouillés de teinture pour ne pas être reconnus. Les sorciers peuvent même aller jusqu’à empoisonner les gens qu’ils n’apprécient pas beaucoup. A partir de leur intégration dans cette étrange communauté, ils ne sont plus maîtres de leurs propres actes dès la tombée de la nuit. Ils n’agissent pas de leur propre volonté, et quand il fait jour, ils ne se souviennent de rien de ce qui s’est passé, ni même de ce qu’ils ont fait. Cependant, les malgaches ont trouvé quelques solutions pour lutter contre la malveillance de ces sorciers. Ils ne peuvent pas supprimer ces cultures mais luttent pour ne pas en subir les conséquences. Pour ce faire, ils utilisent des pois de terre noirs, quelques plantes à accrocher sur la porte, ou d’autres petites astuces, et ce, selon les régions. Ces sorciers, dits mpamosavy sont craints par la population et surtout méprisés voire même haïs. Ils sont reniés par leur propre famille, et n’ont pas accès au tombeau familial. Certes, pour les étrangers, ces faits sont des phénomènes paranormaux et ne méritent pas qu’on y attache plus d’importance que cela, mais il y a des personnes qui ont longtemps vécu dans l’île et qui ont eu à faire face à des situations similaires. Ce ne sont pas des superstitions, la sorcellerie existe bel et bien à Madagascar, mais c’est malheureusement la mauvaise facette qui est la plus connue et qui domine.

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