Maître Philippe de Lyon

Il n’est pas aisé de parler de ce personnage singulier qu’est Anthelme Nizier Philippe. En effet, cet homme simple ne laissa derrière lui ni écrit ni leçon, profondément croyant il préconisait la charité, l’abandon de tout orgueil, et la pratique régulière de la prière. Il naquit le 25 avril 1849  au petit hameau Les Rubathiers en Savoie. D’après la légende, la nuit de sa naissance un terrible orage avait éclaté, mais celui-ci fit rapidement place à une étoile étincelante.

Peu de temps avant sa naissance, sa mère rencontra le curé d’Ars qui lui prédit que son enfant serait un être très élevé : « Dans quelques temps, tu auras un fils, et il montera très haut ».

Très jeune il démontre des capacités thaumaturgiques exceptionnelles, le prêtre de son village remarqua notamment que la simple présence de Philippe parvenait à guérir les malaises des enfants de sa classe.Jusqu’a l’âge de six ans, il dormit les yeux ouverts. Devenu berger, il traçait un cercle autour des bêtes qui ne le franchissaient pas.

Issus d’une famille modeste, il n’était pas destiné à ce destin extraordinaire, pourtant il décida dès l’âge de 14 ans de quitter la Savoie et de se rendre à Lyon afin de poursuivre ses études. Hébergé chez son oncle maternel, sur les pentes de la Croix-Rousse, il va l’aider à tenir sa boucherie. L’argent qu’il gagne lui permet alors de s’inscrire   à l’institution Sainte – Barbe où il obtient son certificat de grammaire.

La première de ses guérisons miraculeuse eu lieu peu de temps après son arrivée. Son oncle se blessa avec un couteau et par l’imposition de ses mains Philippe parvint à arrêter le flot de sang s’écoulant de la blessure. Le médecin consulté par la suite, remarquant qu’aucune infection ne s’était déclarée ne put que constater cette guérison exceptionnelle.

La réputation du jeune commis ne mit peu de temps à s’étendre, et c’est auprès des canuts qu’il eu la possibilité d’exercer son art, recevant cette population Place Croix-Paquet. A l’âge de 16 ans il ramène à la vie le fils d’un ami de son oncle, d’une voix forte il ordonna   « lève-toi », et  le défunt se redressa aussitôt devant une foule médusée.

Peu après la guerre de 1870, le quartier des Brotteaux voit le jour, Philippe donna alors des séances au 117 rue Vendôme, 5 rue Masséna, rue Duquesne et au 4 boulevard du Nord (l’actuel boulevard des Belges). Entre 1874 et 1875 il s’inscrit à la faculté de médecine et de pharmacie, fréquentant les salles de malade à l’Hôtel Dieu, il soulage les douleurs de ceux-ci et leur évite des interventions chirurgicales parfois très lourdes.

Un jour il avisa un malade qui pleurait dans son lit parce qu’on devait lui couper la jambe le lendemain. Il lui assura que l’opération ne se ferait pas et lui fit promettre de ne rien dire. Le lendemain le chirurgien, stupéfait, constata que le malade était en voie de guérison et il demanda ce qui s’était passé. Le malade répondit : « C’est ce petit monsieur brun qui m’a vu ».

Sa manière d’opérer était tout à fait singulière. En effet, il ne touchait pas ses patients et les magnétisait rarement. Sa méthode de guérison était purement spirituelle, il demandait simplement aux malades un engagement moral et en appelait à l’aide de Dieu. Les médecins voyaient d’un très mauvais œil cet étudiant utilisant des méthodes peu orthodoxes et le considérant comme un vulgaire guérisseur refusèrent de lui décerné le titre de médecin.

Dégagé de tout engagement, et libre de faire les volontés du Ciel Philippe se plaça entre Dieu et les hommes dont Il écoutait et soulageait les souffrances en recommandant la prière, la charité, la tolérance, la bonté et surtout ne pas dire du mal, ou calomnier son prochain.

En 1877 il épousa Jeanne Julie LANDAR, cette femme issue d’une famille aisée à la santé fragile que tous les médecins condamnaient fut pourtant guérit par Philippe. Elle mit sa fortune à sa disposition pour que celui-ci puisse continuer à s’occuper de ses malades gratuitement. Grace à cette manne financière il put aménager son propre laboratoire. Cet alchimiste élabora dans le secret de son laboratoire, au n°6 de la rue du bœuf, au bas de la colline de Fourvière, une gamme de médicaments, activité interdite par les autorités mais plébiscitée par ses patients. Ce laboratoire consistait en une petite pièce et une cuisine. Son entrée en fond de cour a été murée. D’ailleurs cette rue du Bœuf parait avoir été à Lyon l’équivalent de la ruelle des alchimistes à Prague.

Sa réputation dépassa les frontières, il fut notamment invité à la Cours Impériale de Russie par le Tsar Nicolas II afin de soulager l’impératrice de santé fragile. En peu de temps il devint le confident du couple et le maître occulte de toute les Russies. Il prédit au tsar la naissance de son fils Alexis, mais dans le même temps, prédiction plus funeste, il annonça la chute des Romanov et le massacre de la famille impériale.

Cet homme extraordinaire disparu en aout 1905. Son corps repose dans le caveau familial au cimetière de Loyasse ou sa tombe reste encore aujourd’hui la plus fleuri.

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