Kotodama, les vibrations de l’Univers

Dans la tradition japonaise, les dieux (kami) inspirent l’esprit des hommes par des mots, et en prononçant ces mots inspirés par les kami, on fait se concrétiser les concepts ; c’est le kotodama ou kototama, que l’on pourrait traduire par « mots-âmes » ou « paroles sacrées ». Ce concept se rapproche des mantra bouddhiques, ou d’autres pratiques de transe.

En fait, les cinquante « sons » (syllabes) utilisés en japonais sont considérés comme étant chacun un kami ; le kotodama est le pouvoir spirituel attribué à la langue japonaise. Outre dans la religion shinto, le concept de kotodama est également utilisés dans certains budo, comme l’Aikido.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. » St Jean.

« Et c’est toute la terre, une seule lèvre, des paroles unies. » Génèse Chap.XI Ver.1

Dans ce système, il existe six sons principaux, qui sont les voyelles : A, E, I, O, U et le son SU.

Le son U

Le kototama U correspond au infini, c’est-à-dire ce qu’il y avait avant la création de l’univers. De ce fait, lorsque le se manifeste, il s’agit de la vibration U qui est émise.  C’est une dimension qui n’est pas intellectuellement imaginable. En fait, lorsqu’on considère l’univers et que l’on enlève tout ce qu’il contient, alors il reste une espèce de « toile de fond », support de l’univers. C’est cette dimension qui correspond au son U.

Le son SU

L’univers était donc précédé du infini, le son U, qui précède toute création.  De ce absolu a pourtant jailli l’univers : il s’agit alors de la manifestation du son SU.  SU est le pouvoir créateur ; sans lui, le aurait stagné sans changer pendant toute l’éternité. C’est donc l’amorce qui a déclenché le mécanisme de création.

Le son I

Le kototama I agit en étroite relation avec le kototama SU.  SU est le pouvoir créateur, mais I insuffle la vie à la matière créée par SU ; c’est le pouvoir moteur de la vie.

Le son A

Le kototama A correspond à l’expansion de l’univers.  Il est également à la source de la conscience que chaque être possède en lui. C’est le lien qui nous relie avec notre origine, et qui nous permet de comprendre que chaque être s’inscrit dans la continuité de cette expansion de l’univers.  En bref, toutes nos croyances religieuses et métaphysiques sont stimulées par le son A.

Le son E

Le kototama E correspond à notre intelligence, c’est-à-dire notre façon de percevoir l’univers dans lequel nous vivons. De ce fait, notre capacité de discrimination, c’est-à-dire de distinguer les différents phénomènes que l’on voit autour de soi, est la manifestation du son E.

Le son O

Le dernier des six principaux sons, le kototama O, se manifeste par la cohésion et l’organisation des éléments constitutifs de l’univers. Les liaisons moléculaires, pour donner un exemple, sont dues à l’émission du kototama O.

En visionnant cette vidéo, on ne peut s’empêcher de penser aux mantras. Pourtant, même si le sens et la pratique se ressemble, les sons eux sont assez différents.

En effet tout le monde connait le Om̐ ou aum, qui est une syllabe sanskrite que l’on retrouve dans plusieurs religions : l’hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme, lesikhisme, et le brahmanisme. On la nomme pranava mantramantra primordial », le mot prana signifiant également « vibration vitale »). Cette syllabe est considérée comme le son originel, primordial, à partir duquel l’Univers se serait structuré.

Om̐ provient de la fusion des lettres du sanskrit A, U et M :

  • A représente le commencement, la naissance, et le dieu créateur Brahma.
  • U représente la continuation, la vie, et le dieu Vishnu.
  • M représente la fin, la mort, et le dieu destructeur Shiva.

La syllabe représente donc la totalité de ce qui existe, ainsi que la trinité hindoue.

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