La Force de l’Auto-Persuasion : L’Effet Nocebo

Le site américain de la prestigieuse revue américaine New Scientist est revenu le 13 mai 2009 sur l’histoire de Vance Vanders, un homme qui aurait été ensorcelé il y a 80 ans lors d’un rendez-vous nocturne avec un sorcier vaudou. Il était persuadé d’avoir « un reptile à l’intérieur » de lui ! Quelques semaines plus tard, de plus en plus faible, amaigri, à l’article de la mort, Vance Vanders a été admis à l’hôpital.

Plusieurs médecins se sont alors relayés à son chevet, sans succès. Mais ce cas énigmatique n’a pas résisté à la sagacité d’un médecin, Drayton Doherty, qui a découvert, en poussant l’interrogatoire, que le sorcier vaudou avait frotté sur son estomac des oeufs de lézard.

Pour guérir Mr Vanders, il a alors suffit au Dr Doherty de mettre en scène l’extraction de la bête : lors d’une pseudo-cérémonie, il lui a administré, par une seringue, un puissant émétisant (médicament provoquant des vomissements). Le patient s’est mis à vomir à répétition et le Dr Doherty en a profité pour exhiber un lézard vert qu’il avait caché, en criant, à l’instar d’un véritable prêtre vaudou : « regardes ce qui est sorti de toi, Vance, la malédiction vaudou est levée ! »

Les professionnels de la santé voient en cet exemple l’illustration parfaite du syndrome de l’auto-persuasion. Le professeur de l’université Vanderbilt dans le Tennessee Clifton Meador a recensé plusieurs autres cas similaires. Il apparaît que les gens qui croient être atteint d’une maladie et qui s’en persuadent ont davantage de chances d’être touchés par celle-ci. Certains patients peuvent même se retrouver en réel danger de mort, bien que l’origine de leurs symptômes soit imaginaire.

Plus inquiétant, le Pr. Meador explique également que lorsqu’un patient entend parler de l’éventualité d’effets secondaires d’un traitement, il a davantage de chances de les développer lui-même par auto-persuation, ce qui peut mettre les médecins dans une situation délicate. « D’un côté, les gens ont le droit d’être informés sur les effets secondaires possibles, mais cela rend plus probable le fait qu’ils en fasse l’expérience » explique-t-il.

Il s’agit donc, à l’inverse de l’effet placebo, d’un effet nocif lié à l’auto-persuasion : on parle d’ailleurs d’effet nocebo, heureusement non systématique… Sinon se traiter et informer sur la santé deviendrait plus difficile !

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *