Les Cultes de Cybèle à Lyon

La ville de Lyon est considérée avec Prague et Tolède comme l’une des capitales de l’ésotérisme européen. En effet, tout au long de son histoire la capitale des Gaules à accueillit nombre de personnalité, mythes et croyances qui ont fait d’elle une des cités les plus mystérieuses d’Europe. Le premier habitat celtique de Lyon était la ville de Condate qui se situait au pied de la colline de la Croix-Rousse. A la même époque fut fondé sur la colline de Fourvière un sanctuaire dédié au dieu principal de la mythologie Celte Lug.

Plaza De Cibeles - Madrid par Mickaël Ducloux

D’après la légende c’est en observant un vol de corbeau au-dessus de la colline que les Vates (oracles) décidèrent d’y établir un temple. Mais c’est en 43 avant J.C que le gouverneur Munatius Plancus fonda à la place du sanctuaire la colonie romaine de Copia Felix qui allait devenir Lugdunum (Lug : dieu du soleil celte, dunum : colline). Le sanctuaire principal de la cité romaine était dédié à la déesse Cybèle. Ce culte à mystère très populaire dans l’empire romain fut probablement introduit à Lyon par des marchands Grecs et Syriens.

Les temples dédiés à la Déesse étaient différents des sanctuaires Gréco-romains classique, en effet il s’agissait d’un rectangle fait de hauts murs sans ouverture protégeant le Campus Matris Deum (le Champ de la Mère des Dieux), des regards de ceux qui ne pouvaient participer aux cultes.

Autel Taurobolique - Musée Gallo-Romain de Lyon

Comme les cultes Dionysiaques, les rites liés à la Déesse privilégiaient l’extase qui pouvait parfois dégénérer en défoulement de la part des participants. En 177 après J.C la communauté chrétienne de Lyon fut massacrée par les adorateurs de Cybèle le jour de la cérémonie de la renaissance d’Attis liée à l’équinoxe de printemps.

Les cultes Sibyllins nécessitaient notamment le sacrifice de taureaux sur l’autel de la Déesse, le taureau devenant ainsi l’un des symboles les plus représentés liés à celle-ci.

L’importance de ce culte se retrouve sur de nombreux édifices antiques et, notamment les mausolées Julio-claudiens retrouvés en 1885 place Eugène Wernert dans le 5° arrondissement de Lyon.

Mais il ne faut pas croire que ces représentations ne se retrouvent que sur les monuments Gallo-romains. En effet, de nombreux symboles liés à Cybèle sont visibles sur des façades et des monuments et ce, du Moyen-âge jusqu’au 19° siècle.

La galerie Philibert de l’Orme situé au 8 rue Juiverie, dans le quartier de Saint-Paul, construite en 1536 s’inspire des monuments romains et intègrent sur ses frises les cornes de taureau typique de la symbolique Sibylline.

C’est un exemple mais ce n’est pas le seul. La rue du Bœuf est l’une des rues les plus anciennes de la ville. Pour beaucoup elle tire son nom de la statue qui y fut placée au 16° siècle, mais pas seulement.

Entrée d’une maison du 19° siècle Lyon 5°

Cette voie fut tracée au III° siècle après J.C après que les habitants de Lugdunum privés de leurs alimentation en eau durent s’installés près de la Saône. Elle se trouve  sur le trajet qu’empruntaient les processions montant au temple de Cybèle au-dessus des théâtres romains, la statue représentant plus certainement un taureau qu’un bœuf, n’étant donc qu’un rappel à la fonction antique de celle-ci.

Le culte de Cybèle persista durant de nombreux siècle dans la capitale des Gaules, « la fête des merveilles » qui se déroulaient au Moyen-âge étaient une réminiscence des rites anciens. En effet, le clou de cette célébration qui réunissait les Lyonnais de différents quartiers venus en processions sur le pont du Change, était la mise à mort d’un taureau préalablement plongé dans les eaux du fleuve. Cette fête païenne insupportant le clergé fut interdite en 1347.

Pourtant malgré toute ses tentatives l’Eglise ne parvint pas à éliminer toute trace de ce culte ancien qui à continuer à vivre à travers l’architecture, montrant ainsi que les Lyonnais n’avaient pas oublié les rites et les croyances de leurs ancêtres.

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3 years 5 months ago

Merci pour ces précisions, je vais demander à l’auteur de modifier son texte après vérification 😉 Quand « au n’importe quoi », il ne faut peut être pas poussé non plus, non ? Une correction sur deux lignes pour un article de 1000 mots. Les commentaires sont bien évidemment là pour cela…