Post Mortem – Rites funéraires à Lugdunum

Cette exposition consacrée aux rites funéraires à Lugdunum (Ier siècle avant-IIIe siècle après J.-C .) et plus largement à la Gaule romaine, s’inscrit dans une tradition de recherches anciennes à Lyon: à l’origine des collections du musée, au XIXème siècle, les inscriptions funéraires ont tenu une place importante comme sources essentielles pour la connaissance de l’histoire ancienne. Lors de la création du musée, en 1975, c’est encore essentiellement sous l’angle de l’épigraphie qu’est abordé le domaine funéraire: les épitaphes apportent un éclairage sociologique aux différents thèmes présentés: vie domestique, artisanat, commerce… L’évolution des rites funéraires (passage de l’incinération à l’inhumation) et la nature des objets associés aux défunts commencent à être abordées.

Depuis, de nombreuses nécropoles ont été explorées sur tout le territoire lyonnais: sur la colline de Fourvière (rue de la Favorite 1 et 2, Lyon 5ème), dans la plaine de Vaise (fouilles du boulevard périphérique nord; de la villa Montel), sur la rive gauche du Rhône (à l’arrivée de la « voie d’Italie », Lyon 7ème)… essentiellement dans le cadre de fouilles préventives prescrites par L’Etat et mises en œuvre par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). La mise en œuvre de méthodes de fouilles spécifiques, l’application systématique des analyses anthropologiques sur le terrain même et non plus seulement en laboratoire, l’attention minutieuse portée au traitement des objets retrouvés dans les tombes… autorisent désormais une approche ethnographique des pratiques funéraires. Mis en perspective avec les textes, ces résultats restituent non seulement la complexité des rites propres à la religion romaine, mais débouchent aussi sur des questions d’ordre sociologique et culturel. Par la nature même du sujet, qui touche aux fondements même de la société, il s’agit sans aucun doute d’un des apports les plus notables de l’archéologie à la connaissance du monde gallo-romain. D’où le choix du thème de cette exposition, qui souhaite restituer au public ces progrès considérables enregistrés à Lyon au cours des 25 dernières années.

L'exposition est prolongée jusqu'au 26 septembre 2010

Le parti pris, dans la continuité de l’exposition La religion des Celtes, donnera une large place aux reconstitutions. Il s’agit de restituer les rites funéraires à l’époque romaine depuis le décès jusqu’à l’ensevelissement, mais en abordant aussi les cérémonies ultérieures et, in fine, la redécouverte moderne et les fouilles contemporaines des tombes et nécropoles de Lyon.

Au départ, une évocation de la veillée funèbre puis du cortège funéraire, conduira le visiteur au cœur de l’exposition, avec la reconstitution de l’espace d’une nécropole de la fin du Ier siècle après J.-C. Ainsi seront évoqués les pratiques de l’incinération, de l’inhumation, les banquets funéraires, les rites de mémoire, la nature et la fonction des objets déposés avec le défunt et plus largement la place des sépultures dans le paysage urbain, les rapports entre vivants et morts… On souhaite montrer que, dans l’antiquité romaine, la mort est considérée comme l’épilogue de la vie, et n’a donc rien de tragique et ainsi dédramatiser des notions liées pour l’essentiel au christianisme. On s’attachera également aux idées de mémoire familiale, voire civique. On essaiera enfin de suggérer la manière dont les sépultures reflètent la hiérarchie sociale, des plus grands mausolées jusqu’aux tombes constituées d’une simple amphore. Dans une seconde partie, seront évoquées la redécouverte des monuments et de pièces à l’époque moderne ainsi que les méthodes de l’archéologie (explication des techniques de l’anthropologie, de l’analyse des restes animaux et végétaux…).

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